Bolivar Ramilus, Pierre Laboissière, Margaret Prescod et Sharmini Peries

Los Angeles : un rassemblement historique de mouvements de la base

Haïti : “notre révolution est comme la révolution au Venezuela, mais son dirigeant n’est pas au pays”

Le 17 novembre 2005, la Grève présenta devant une audience enthousiaste les mouvements dans laquelle elle participe lors d’une assemblée au Holman United Methodist Church. L’assemblée était présidée par Margaret Prescod, des Femmes de couleur dans la Grève mondiale des femmes et présentatrice de l’émission « Sojourner Truth » à la station de radio KPFK.

Le Révérend Edward Pinkney, de l’Organisation communautaire du réseau autonome Noire de Benton Harbor, Michigan décrivit la dévastation de cette ville presque exclusivement Noire, qui affiche un revenu moyen de 8000$ par année, qui est en proie à la brutalité policière, à la pauvreté et au chômage et où réside l’entreprise multinationale Whirlpool. De l’autre côté de la rivière, se trouve la ville de St-Joseph, blanche à 99% et dont le revenu moyen est 41.000$ par année.

En juin 2003, Benton Harbor connu trois jours de révolte quand la police assassina un autre jeune Noir, et fut occupé par la police utilisant des véhicules blindés, des hélicoptères et des chiens de garde. Les gens de la base rétorquèrent en obtenant le renvoi, à l’aide d’un référendum d’un commissaire municipal corrompue et appuyé par Whirlpool. Toutefois, un juge ordonna de nouvelles élections et accusa le Révérend Pinkney de fraudes électorales!

La population de Benton Harbor appelle à boycotter Whirlpool qui envisage de déménager 5000 emplois au Mexique à des salaires de crève faim.

Sharmini Peries, conseillère en matière de relations internationales du Président du Venezuela Hugo Chávez travaille avec la Grève et la Vanguard Public Foundation pour offrir des ressources aux survivants de la côte du Golfe. Elle expliqua le programme d’huile de chauffage à prix réduit pour les communautés à faible revenus des États-Unis qui a débuté cet hiver grâce à la société pétrolière vénézuélienne CITGO. Elle fit aussi rapport du récent Sommet des Amériques : « Les propositions de libre-échange du Président Bush y furent enterrées. »

Roberto Flores, résident d’El Sereno, du East Side Café Echospace appela au soutien pour les Fermiers du South Central, menacés d’éviction de leur terrain de 14 acres dans la zone South Central de Los Angeles, là où des dizaines de familles cultivent de petits lopins de terre. Flores qui oeuvrent à rassembler jeunes Latinas / Latinos et Noires / Noirs s’oppose à la criminalisation des jeunes, au démantèlement des murales communautaires et aux injonctions contre les gangs.

La lutte des femmes et hommes évacués de Nouvelle-Orléans affecte tout le monde.

Revolution en Haiti : comme au Venezuela

Haïti est essentiellement un pays rural, dont les cultures ont été décimées par les politiques de marché américaines. Les femmes y luttent pour assurer la survie de leurs enfants et de leur voisinage au milieu de la famine et des exécutions par les forces d’occupation. Les gens de la base refusent de se résigner à l’occupation des États-Unis et des Nations Unies ou de reconnaître les assassins qu’ils ont mis au pouvoir lorsqu’ils forcèrent le Président Jean-Bertrand Aristide à s’exiler. Des élections entachées de corruption furent récemment annulées.

La Grève travaille avec les gens de la base en Haïti et leurs porte-parole aux États-Unis, en particulier les femmes, afin d’obtenir la reconnaissance et le soutien à cette révolution non reconnue.

Bolivar Ramilus était Commissaire aux Affaires paysannes dans le Parlement haïtien, sous Aristide. Voici un extrait de son allocution traduite par Pierre La Boissière du Haiti-Action Committee :

« Tout le monde qui se bat à travers le monde (...) a besoin de construire nos propres réseaux pour communiquer notre propre message, acquérir notre propre éducation et formation afin de construire notre propre lutte et obtenir les changements que nous voulons.

Il faut mettre en place notre propre structure économique et nos méthodes d’action. En Haïti, j’ai, en tant que dirigeant dans le mouvement paysan et ancien parlementaire, travaillé avec les paysans pour renforcer et contrôler notre propre économie, pour faire de l’argent afin que nous n’ayons pas à demander à notre ennemi de nous en prêter.

Dans le système capitaliste, celles et ceux qui travaillent n’obtiennent rien. Et les femmes constituent un bon exemple de ce fait. Les femmes font tout le travail à la maison, mais leur travail n’est pas compté officiellement [applaudissements et approbations] et cela représente 16 billions $ dans l’économie mondiale...

Plus les femmes peuvent s’organiser et mobiliser la richesse créée par leur travail, produisant de prospères sociétés et des êtres humains en santé à travers le monde, plus elles deviennent ce pouvoir formidable qui vaincra le genre d’armées que le peuple haïtien a vaincu, l’armée de Napoléon. Un minuscule 5% de la population mondiale contrôle 95% de ses ressources. Et 95% de la population essaie de survivre avec 5% des ressources. Ce 95%, c’est nous. Ce n’est pas seulement nous. Des gens dans d’autres parties du monde, en France par exemple [la révolte des jeunes de couleur contre le racisme de la police et l’absence de ressources], n’ont rien et se battent.

En Haïti, on les appelle « chimères », dans d’autres pays révoltes. N’est-il pas juste que les gens qui ont besoin de nourriture revendiquent de la nourriture? Que les gens qui ont besoin de soins médicaux revendiquent ces soins? Si Jésus-Christ était vivant aujourd’hui, il serait lui aussi une « chimère », parce qu’il ne serait pas d’accord que certains puissent manger et d’autres pas.

Permettez-moi de mettre ma main, qui est Haïti, dans la vôtre qui est les États-Unis et Venezuela pour qu’ensemble on puisse être une Lavalas*. Pas seulement Lavalas en Haïti, mais un mouvement de nous toutes et tous à travers le monde qui luttons pour gagner cette bataille afin que les pauvres puissent manger.

[applaudissements et approbations]

*Lavalas, avalanche, est le nom du parti du Président Aristide. womenstrike8m@server101.com

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