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8 mars 2004 – Appel à
toutes les femmes
La Grève mondiale des femmes a vu le jour en 1999 quand des femmes en Irlande décidèrent d'accueillir le nouveau millénium avec une grève générale au niveau national. Elles demandèrent à la Campagne internationale pour un salaire au travail ménager, de soutenir leur appel à la grève et nous avons appelé les femmes du monde entier à faire de cette GRÈVE un mouvement global le 8 mars 2000. La Grève a une histoire populaire qui commence en 1952 avec la parution d'un petit pamphlet intitulé « A Woman's Place » (La place d'une femme) suivit par la parution en 1972 de « Le pouvoir des femmes et la subversion de la communauté », aujourd'hui un classique, et en 1973 [*] de « Sexe, race et classe ». Ces 3 ouvrages ont démontré que le travail effectué par les femmes en contrepartie d'un salaire est un deuxième emploi, que le travail non rémunéré que nous effectuons à la maison et dans la communauté en produisant tous les travailleuses et travailleurs du monde ainsi que notre combat pour changer le monde, étaient invisibles, mais pourtant central. Depuis, nous avons fait campagne pour obtenir la reconnaissance et un salaire pour tout le travail non rémunéré que font les femmes et pour l'équité salariale — ces deux combats constituant des leviers contre la pauvreté, l'exploitation et toutes les formes de discrimination que subissent les femmes. Selon les Nations Unies, les femmes font les 2/3 du travail dans le monde : de l'allaitement à l'éducation des enfants, des soins administrés à ceux qui sont malades, aux personnes âgées ou handicapées à la culture, la préparation et la cuisson de la nourriture qui alimente les familles, les communautés et les continents (80% de la nourriture consommée en Afrique est cultivée par les femmes), le volontariat et le travail dans le secteur informel en tant que femmes de ménage, couturières, vendeuses de rue, travailleuses de l'industrie du sexe ainsi que le travail dans le secteur formel. Ici encore le travail des femmes consiste souvent à prendre soin des gens dans les hôpitaux et les écoles, comme domestiques, gardiennes d'enfants, assistantes personnelles … ou dans les « sweat-shops » – des emplois pour lesquels les hommes qui font un travail similaire sont aussi très mal payés. Cependant les femmes reçoivent les salaires les plus bas et de plus sont souvent confrontées au harcèlement sexuel et racial. Bien que dans chaque pays tout ce travail soit essentiel au bien-être et même à la survie de l'humanité, il est sous-évalué et ignoré par le marché et les femmes n'obtiennent ainsi en retour que 5% des biens du monde. A Beijing en 1995, le réseau international « Les femmes comptent », que nous coordonnons, soutenu par plus de 1500 organisations, a remporté une décision importante des Nations-Unies. Les comptes nationaux doivent prendre en compte le temps passé par les femmes au cours de leur vie, à réaliser des travaux non rémunérés et doivent aussi déterminer la valeur créée par ce travail. Trinidad et Tobago et l'Espagne en on fait une loi; d'autres pays ont entrepris des études sur l'emploi du temps et de plus en plus tiennent compte du travail non rémunéré dans les décisions des tribunaux et dans les politiques gouvernementales. Depuis l'an 2000, la Grève a été une grande réussite. Elle a rassemblé des femmes dans plus de 60 pays, y compris des organisations de la base au palmarès impressionnant qui revendiquent aussi un monde où tout le travail des femmes et toutes les vies sont appréciés à leur juste valeur. Ces femmes font maintenant parti d'un réseau international de coordonatrices de la Grève. Au Venezuela, nous travaillons avec les femmes qui construisent une économie orientée vers le bien-être et qui ont remporté l'article 88 dans la Constitution. Cet article reconnaît le travail ménager comme une activité économique qui crée une valeur ajoutée et produit un bien-être social et un richesse, ce qui donne aux ménagères le droit à la sécurité sociale. La Grève a diffusé les nouvelles de ces victoires si importantes, soutenant le processus révolutionnaire dans lequel les femmes de la base sont les participantes les plus actives. La Grève fait
partie du mouvement contre la guerre et contre l'occupation, non
seulement en Iraq mais aussi en Palestine, Chéchenie, Colombie, Congo,
Kashmir… Notre priorité a été de souligner le combat que mènent
les femmes, et l'orientation qu'il suggère, et dont l'ensemble du
mouvement bénéficie, mais qui est souvent aussi ignoré que le travail
non rémunéré de survie que nous faisons. Sous le thème INVESTISSEZ
DANS LE BIEN-ÊTRE, PAS LA MORT, nous revendiquons que les plus de 900
milliards de dollars aujourd'hui dépensés dans les budgets militaires
soient à la place consacrés aux besoins essentielles de la survie (accès
à l'eau potable, sécurité alimentaire, soins de santé, logement, éducation,
protection contre le viol et autres violences, protection de notre planète),
et donc aux femmes qui sont les premières pourvoyeuses de soins et les
premières à combattre pour la survie de leurs proches. Nous réclamons
pour commencer le budget militaire des Etats-Unis (l'équivalent de plus
de la moitié des dépenses militaires mondiales) qui permet au Big
Business américain d'imposer au monde entier (y compris à la
population des États-Unis) ses intérêts économiques et politiques. Les secteurs de femmes les plus discriminées
– toutes les femmes de couleur, y compris les femmes autochtones et
d'origine africaine et asiatique, les mères célibataires, les femmes
handicapées, les femmes immigrantes, les travailleuses de l'industrie
du sexe, les lesbiennes… utilisent la Grève pour faire connaître
leur contribution à toutes les économies, à toutes les sociétés et
à toutes les luttes. La Grève insiste pour que les secteurs plus
puissants reconnaissent cette contribution.Nous exigeons aussi que soit
reconnu la contribution des hommes qui soutiennent activement notre
combat parce qu'ils conviennent qu'INVESTIR DANS LE BIEN-ÊTRE ET PAS LA
MORT est la priorité de tous les travailleuses et travailleurs et de
toute l'humanité. Les hommes ne sont pas seulement redevables aux
femmes pour leur survie quotidienne (de l'allaitement à la préparation
des repas, des vêtements propres au soutien émotionnel), mais ils sont
aussi dépendants des femmes qui accordent la priorité à la survie
plutôt qu'aux valeurs du marché, des valeurs qui menacent aujourd'hui
la survie du monde. Le site Internet de Payday, un réseau d'hommes,
www.refusingtokill.net constitue une
contribution importante au mouvement contre la guerre et à la
reconnaissance de tous celles et ceux qui risquent leur vie et leur
liberté pour défendre la vie et la liberté de tout le monde. On nous
dit souvent que pour pouvoir gagner, nous devons nous unir, mais on nous
parle rarement de la façon de le faire (sauf les partis politiques qui
veulent nous diriger). Nous utilisons la Grève comme un cadre pour
l'unité, une unité entre les secteurs de femmes, entre les femmes et
les hommes, une unité à l'intérieur et entre les pays, parce qu'elle
repose sur la reconnaissance et de l'enrichissement par chaque secteur
du combat indépendant mené par les autres secteurs. La Grève n'est ni
rattachée à un parti politique, ni séparatiste. Elle est ambitieuse
pour le mouvement pour un changement, mais rejette l'ambition
personnelle qui mine la responsabilité mutuelle. La Grève internationale des femmes s'est étendue
au-delà d'une action commune menée tous les 8 mars. Elle constitue
maintenant un réseau global qui renforce le combat quotidien et
permanent des femmes (et des hommes) de la base. Nous joignons ici ce
que les coordonnatrices de la Grève dans certains pays ont dit sur ce
que la Grève leur a permis de réaliser. La Grève établit que, en tant que pourvoyeuses
de soins, rémunérées ou non, nous demeurons toujours des
TRAVAILLEUSES et que nous avons le pouvoir d'arrêter l'ensemble de l'économie.
C'est ce qu'ont fait les femmes d'Islande on fait le 24 Octobre 1975.
Elles ont dit : « QUAND LES FEMMES S'ARRÊTENT TOUT S'ARRÊTE ».
Nous ajoutons : « ARRÊTONS LE MONDE POUR LE CHANGER ». Selma Jones et Nina López, 17 Janvier 2004
womenstrike8m@server101.com
www.globalwomenstrike.net
[*] Auparavant on assumait que seuls les
personnes effectuant un travail rémunéré, essentiellement des hommes
dans les pays industrialisés, étaient de « vrais » travailleurs et
qu'eux seuls pouvaient changer le monde. La Campagne pour un salaire au
travail ménager a rompu avec cette mentalité sexiste et raciste, établissant
l'autonomie comme une base nouvelle d'organisation et d'unité. ______________________________________________________________ Visibilité et respect * Des réseaux plus
vastes * L’anti-racisme des femmes de la base * Le plus grand événement
des femmes contre la guerre de notre histoire * Nous avons toutes changées ______________________________________________________________ ARGENTINE, Santa FéPendant plus de 15 ans, nous
nous sommes battues dans l'isolement pour faire reconnaître par un
salaire et une pension l'énorme quantité de travail que nous faisons,
nous les femmes, en prenant soin des autres. Pendant que ce pays était
vendu et contraint à l'endettement, les femmes ont été de plus en
plus paupérisées et obligées de soutenir une population affamée avec
seulement notre travail non rémunéré.Pendant tout ce temps, nous
avons été traitées de tous les noms. Pour les syndicats, les
fonctionnaires, les partis politiques et de nombreuses féministes, nous
étions « folles et rétrogrades ». Au moment où nous commencions à fléchir, nous
avons eu l'immense bonheur de découvrir qu'il y avait d'autres «
folles » dans de nombreux endroits du globe, qui avaient commencé
cette lutte depuis bien plus longtemps que nous.Avec le premier appel à
la Grève, nous avons découvert ces femmes sur tous les continents. Notre organisation s'en est trouvée énormément
renforcée. Nous avons réalisé la véritable valeur de cette autonomie
qui a empêché tout parti politique de nous utiliser. Depuis 2000, nous
avons fait un vrai bond en avant, au niveau local comme national.
Maintenant on nous regarde avec respect. Nous avons pu contacter toujours plus de femmes
de la base pour les encourager à former entre elles des réseaux de
femmes autonomes entre voisinages et tisser des relations avec d'autres
organisations qui partagent nos buts.
Bien souvent nous nous sommes enfermées derrière les barrières
dressées par ceux qui nous dominent, pensant que nous étions pires ou
meilleures combattantes que n'importe qui d'autre. Depuis que nous avons
rejoint la Grève, nous avons réalisé qu'il n'y a pas de combat ni
d'expérience pire ou meilleure que d'autre. Chacune de nous invente des
milliers de façons de survivre et fait avancer la Grève, et c'est la
synthèse de toutes nos convictions. Cette année la quasi-totalité de la ville (150
000 personnes) s'est retrouvée sous les eaux à cause d'une rivière en
crue et de la corruption de ceux qui nous dirigent. Ce sont des femmes
de la Grève dans d'autres pays qui nous ont fourni l'aide dont nous
avions besoin. Ce qui compte davantage, c'est que nous pouvons continuer
sans peur notre combat pour la justice, même contre les plus puissants,
parce que nous savons maintenant que nous ne sommes pas seules et que
devant n'importe quelle attaque, des femmes d'autres pays du monde se lèveront
pour nous défendre.Syndicat des ménagères de Santa Fé (Sindicato de
Amas de Casa) ______________________________________________________________ GUYANE, GeorgetownParfois la Guyane est un pays
en guerre : quand la tension et les conflits que les gouvernements
anglais et américain ont autrefois aidé à créer entre les Indo-Guyanais
et les Afro-Guyanais explosent de façon violente. Mais il y a aussi une
autre forme de violence : la violence que celles ou ceux d'entre nous
qui appartiennent à ces groupes commettent contre ceux et celles
d'entre nous d'origine autochtone, dont les intérêts sont tout
simplement laissés de côté. Durant les deux dernières années, la Grève
nous a aidées à rendre visible notre opposition au racisme et à la
violence dont les femmes et les enfants de la base sont les principales
victimes. En 2002, nous avons organisé une marche des femmes de toutes
races (indo ou afro-guyanaises, autochtones, métisses) soutenues par
des hommes et des enfants. Nous sommes allées dans une communauté
afro-guyanaise, Linden, d'où les Indo-guyanais furent violemment expulsés
dans les années 60 et nous y avons dit publiquement que nous étions
venues pour réclamer Linden au nom des femmes de la base de toutes les
races. Grâce à la Grève
nous avons été reconnues comme femmes de la base qui sont anti-racistes.
Plus de femmes encore ont rejoint notre réseau. Chaque année nous mettons en avant des
revendications pratiques : en particulier contre l'augmentation des prix
de l'eau et de l'électricité à cause des privatisations. Mais nous
exigeons avant tout la fin des violences racistes. Nous avons organisé
des marches, principalement de femmes de tous les groupes raciaux (indo
ou afro-guyanais, autochtones, métis) accompagnées d'hommes et
d'enfants, pour proclamer notre opposition à la violence raciste en
Guyane, et à la guerre raciste en Irak. Nous avons dit : « Nous ne
voulons pas que nos enfants aillent tuer les enfants d'une autre femme.
» Nous avons toutes changées : nous sommes toutes
plus conscientes du racisme, et plus déterminées à le dénoncer. Nous
avons commencé à sentir que nous faisons partie d'un mouvement global,
alors qu'auparavant nous nous sentions complètement isolées. Nous
savons que s'il se passe quelque chose en Guyane, la Grève se battra
avec nous dans le monde entier. Red Thread IRLANDE, GalwayCe dont nous sommes le plus fières,
c'est que la Grève nous a donné un moyen de dépasser ensemble
plusieurs divisions. On ne s'attend pas à ce que des femmes irlandaises
s'unissent avec des femmes anglaises, qui sont du pays qui a mené la
guerre et occupé l'Irlande depuis des siècles, et avec lequel reste
les plus amères disputes.Le clivage religieux entre Protestants et
Catholiques, qui en est un héritage, a déchiré cette île, et
maintenant le nouvel abîme que les va-t'en-guerre ont creusé entre les
Musulmans et les Chrétiens s'ajoute au précédent. Beaucoup pensent que les femmes d'Irlande du Sud
savent ce que les femmes du Nord ont enduré pendant les combats récents
pour déterminer si cette partie de l'île devait appartenir à l'état
irlandais ou britannique. Mais notre ignorance est grande, et même là
les divisions restent profondes. En vertu de notre constitution, l'Irlande est
neutre dans toutes les guerres, donc l'utilisation de l'aéroport de
Shannon par l'armée américaine devrait être illégale. Grâce à la
Grève nous avons pu organiser un rassemblement hebdomadaire contre la
guerre et l'occupation, et un convoi anti-guerre de Galway à Shannon,
qui a rassemblé des femmes d'Irlande du Nord et d'Irlande du Sud,
Catholiques et Protestantes, Musulmanes, Chrétiennes ou athées. Dans
les nombreux rassemblements auxquels nous avons participé, nous avons
pu dire haut et fort pourquoi en tant que femmes nous sommes particulièrement
contre la guerre. Campagne pour un salaire au travail ménager (Wages for Housework Campaign) _________________________________________ PÉROU, LimaGrâce à la Grève nous avons
compris que les luttes des femmes, et leurs objectifs, sont les mêmes
partout dans le monde. Nous avons rencontré d'autres organisations de
femmes qui se battent pour nos objectifs communs avec beaucoup de
courage et de détermination, chacune avec leur situation spécifique,
en réclamant nos droits fondamentaux de femmes et de travailleuses préoccupées
du bien-être de toute l'humanité. Nous avons étendu notre réseau dans les
provinces (Chota, Cajamarca, Jaén, Trujillo) où il y a maintenant de
nouvelles organisations de travailleuses domestiques, et nos échanges
avec les communautés Aymara de Puno. Grâce aux pressions de la Grève auprès des
Nations-Unies, et aux revendications d'organisations comme la nôtre et
de la Confédération des travailleuses domestiques en Bolivie, certains
gouvernements commencent à prendre en considération les demandes de
notre secteur, et des lois ont été adoptées au Pérou et en Bolivie. La Grève nous a aidées à nous accepter comme
nous sommes, afin que, par exemple, nos sœurs puissent exercer un libre
choix sexuel. Avant la Grève, nous avions des préjugés à cause de
notre culture machiste et patriarcale. Nous avons brisé la glace et les
femmes lesbiennes peuvent maintenant s'organiser de façon autonome et
leur situation être visible.Nous avons appris à être autocritiques à
l'égard de nos erreurs tout en continuant à exprimer ce que nous
pensons. Nous apprenons chaque jour à être plus fortes et plus
vigilantes. La Grève nous a aidées à avoir une vision plus large et
à nous situer comme une classe à la fois exploitée et en lutte contre
ceux qui oppriment les femmes partout dans le monde.La Grève fait
partie de moi parce que les demandes des femmes du monde entier sont mes
demandes. Je me sens invincible parce que nous sommes la grande majorité,
et que ce sont mes sœurs qui luttent. La Grève est la voix de toutes
parce que nous portons chacune la mission d'étendre la conscience
activiste pour la défense de la vie. Centre de Formation pour les Travailleuses domestiquesCentro de Capacitación para Trabajadoras del Hogar
PÉROU, Puno « La Grève nous donne de la visibilité, un espace où les femmes
paysannes peuvent participer et parler librement des problèmes qui
affectent notre vie quotidienne. Avec la Grève, nous avons remporté
l'appui de beaucoup d'autres organisations de femmes comme les clubs
maternels, groupes de travail manuel, soupes populaires, et nous avons
également eu le support des hommes dans certains de ces groupes. Cela nous a permis de renforcer nos demandes sur
le plan local, et de former des groupes de différents artisanats andins. Les revenus que génèrent les femmes rurales avec ce travail
artisanal profitent à toute leur famille : éducation, nourriture,
logement. Nous espérons maintenant atteindre le marché international
avec nos produits et court-circuiter les intermédiaires. Nous espérons rallier à la Grève encore
beaucoup d'autres secteurs dans notre pays et en Bolivie. Centre Aymara « Pacha Aru» _____________________________________________________________ ESPAGNE, Barcelone La Grève nous a transformées : elle nous a aidées
à rompre avec l'habitude de donner la priorité à un secteur plutôt
qu'à un autre dans les luttes des femmes, à sortir de notre voisinage
immédiat et de notre région, à agir localement (dans nos quartiers,
marchés, écoles, lieux de travail), mais avec une perspective
internationale, et à élargir nos réseaux. Elle a rendu visible la
contribution de celles d'entre nous qui sont des immigrantes.Nous avons
utilisé la Grève pour faire pression afin que soient appliquées les
lois de mesure et valorisation du travail non rémunéré dans le P.N.B.,
lois obtenues au Parlement catalan en 1997 et à l'Assemblée nationale
en 1998. Les actions de masse de la Grève ont rassemblé
l'opposition des femmes à la guerre et à la mondialisation. Nous avons
comparé le budget militaire et les subsides du gouvernement aux
faiseurs de guerre américain et britannique (malgré l'opposition
active de plus de 90% de la population à la guerre en Irak), avec les
prestations sociales pour les familles à faibles revenus, qui sont les
plus basses de l'Union européenne. En Catalogne, nous avons réussi à changer
l'attribution des allocations de repas dans les écoles pour les
familles sans revenus victimes de discrimination.Grâce aux traductions
constantes de documents qui se font par e-mail, téléphone, radio et
dans les réunions, nous les femmes de la base, nous travaillons dur
pour être en lien, responsables et utiles les unes aux autres. » Campagne pour un salaire au travail non rémunéré -Campaña por un Salario para el Trabajo sin Sueldo OUGANDA, Kaabong "Les plus pauvres sont partout les femmes
de la base. Nous sommes négligées et rejetées parce que nous sommes
pauvres. MAIS la Grève mondiale a changé nos vies. Nous avons gagné
l'aide médicale gratuite, sans partage des coûts. La Loi sur la Terre
autorise maintenant les femmes à acquérir des terres, et à hériter
des propriétés de leur mari. La Grève nous a aidé à exprimer notre
point de vue d'une façon plus efficace. Comme nous disons : «
Investissez dans le bien-être, pas la mort ». Les guerres n'amèneront
jamais la paix dans le monde. Dans notre réseau, beaucoup de gens sont très
intéressés par la Grève à cause des beaux fruits qu'elle a produit.
Notre revendication principale pour la Grève de cette année :
l'accessibilité à l'eau potable. Telle est notre souffrance. Pas de
guerre, pas d'armes, et que le gouvernement arrête cette guerre qui
affecte surtout les enfants, les femmes et toutes les communautés du
nord et de l'est de l'Ouganda. Beaucoup de gens sont morts, ou ont été
violés ou enlevés, des milliers sont déplacés à l'intérieur du
pays sans même le minimum. Pourquoi notre gouvernement s'intéresse-t-il
à la résolution des conflits à l'étranger au lieu de régler cette
guerre en Ouganda qui dure depuis 17 ans ? Il y a beaucoup de
revendications encore sans réponses. Mais nous gagnerons et réussirons
à changer le monde. Une des membres âgées nous a dit « Nous n'arrêterons
jamais la Grève. Je demande à toutes les femmes de se lever et de réunir
leurs voix pour rejoindre la Grève. Je n'aurais jamais imaginé que mon
mari puisse me donner une vache en reconnaissance de mon travail de
soins : eh bien c'est arrivé grâce à la Grève. » S'il vous plait, rejoignez-nous dans notre
demande "DE L'EAU, DE L'EAU !". Nous avons la source du Nil en
Ouganda : pourquoi ne pouvons-nous pas en utiliser l'eau pour
l'agriculture, afin que les femmes aient assez pour nourrir leurs
familles ? » Organisation
des femmes de Kaabong - Kaabong Women's Organisation USA, Los Angeles "La Grève de 2003 a été à la fois le
plus important rassemblement de femmes contre la guerre, et le plus
grand événement de la Journée internationale des Femmes dans
l'histoire de Los Angeles rassemblant environ 3 à 5000 personnes. Elle
a rassemblé les femmes de la base, les principaux réseaux contre la
guerre et des célébrités activistes comme les acteurs Ed Asner, Dave
Clennon, Danny Glover et Wendy Malnick, ainsi que le héros des Vétérans
du Vietnam Ron Kovic (joué par Tom Cruise dans le film « Né un 4
juillet »). Cette action a été soutenue par KPFK, une important réseau
de radio alternative. La contribution des femmes et leur rôle de leader
ont acquis un niveau de visibilité sans précédent dans tous les
mouvements pour le changement à L.A. Le pouvoir de la Grève nous a aidé à lancer
notre piquet hebdomadaire contre l'occupation militaire/corporatif
devant Bechtel Corporation, et à former une relation de travail
continue avec des réseaux de base contre la guerre, « Les voisines et
voisins de El Sereno et San Gabriel Valley pour la Paix et la Justice ».
Le plus grand réseau anti-guerre a soutenu la Grève et nos activités.
Nous sommes également invitées à parler dans des conférences de
presse et des manifestations en soutien à la grève massive des
travailleurs de l'épicerie.Malgré un accès sans précédent aux
plates-formes dominées par les hommes, la Grève nous a aidées à résister
à deux tentations dangereuses : le séparatisme d'une part, et le
pouvoir mâle de l'autre, et à rester fidèles aux femmes de la base. La Grève nous a également pourvues d'un outil
pour comprendre et attaquer le provincialisme de celles d'entre nous qui
vivent « dans la gueule de la Bête ». En nous obligeant à nous
concentrer sur le global en même temps que nous nous intéressions à
notre situation locale, la Grève nous aide ici aux Etats-Unis, quel que
soit le degré de pauvreté dans lequel nous vivons, à ne pas nous désintéresser
de nos sœurs du Sud qui ont de bien plus graves problèmes. Cela nous a
aidé à nous ouvrir les yeux au leadership offert par celles qui résistent
à la domination US à l'extérieur des Etats-Unis, et à en être
renforcées dans notre action. » Grève
mondiale des femmes/ LA - Femmes de couleur dans la Grève mondiale
Global Women's Strike/LA - Women of Color in the Global Women's Strike USA, Philadelphia "Lors des marches massives contre la guerre
en Irak, la Grève a gagné de la visibilité, de l'importance et du
respect pour les voix et les demandes des femmes. On nous a demandé de
parler de l'impact de la guerre aux États-Unis et de défendre les
prestations sociales qui ont toutes été réduites à cause du budget
militaire, alors qu'elles sont essentielles pour augmenter le salaire
minimum et donc tous les salaires.Nous ne permettrons pas que restent
cachées les handicaps et les maladies créées par la guerre et la
pollution des armes, dans les pays attaqués par les Etats-Unis, de même
que pour les anciens combattants américains et leurs familles. La Grève a rassemblé le groupe le plus divers
et la plus multiracial de toute l'histoire des manifestations
anti-guerre dans la région, un signe pour toutes et tous que les
revendications de la Grève parle à une vaste diversité au sein de la
populations, et pas seulement le « mouvement pour la paix blanc ».
Nous avons été une voix cruciale pour les mères et les grands-mères
qui s'opposent aux programmes de recrutement militaire à l'école. Une
femme Noire qui élève ses petits-enfants a exprimé notre opposition :
« Des milliards pour la guerre, et pas un dollar pour mon enfant ? » L'implication de la Grève au Venezuela a
grandement enrichi notre vision du monde et de ce qui est possible. Campagne pour un salaire au travail ménager / WinVisible - femmes avec des handicaps visibles ou invisiblesWages for Housework Campaign / WinVisible - women with visible and invisible disabilities ______________________________________________________________ USA, San Francisco "La Grève, c'est le moment où, tous les
ans, nous rendons visibles chacune de nos initiatives particulières,
mais elle nous force à dégager les inter-relations entre ce qui
paraissaient être des questions « séparées ». Notre point fort a été l'organisation pour les
droits civils et légaux des femmes de l'industrie du sexe, ce qui nous
a conduit à fonder un service d'assistance juridique pour les femmes de
la base. Beaucoup d'entre nous sont lesbiennes, et les années passées
à l'organisation de ce service, nous ont permis d'acquérir une
richesse d'expérience fondée sur l'organisation contre la
discrimination que les femmes, particulièrement les « hors-la-loi
sexuelles », subissent aux mains de la police, des tribunaux, des juges,
et des lois en matière criminelle ou familiale. Lors de la 3ème Grève,
nous avons forcé la Mairie à adopter une résolution contre la
violence dont sont victimes les travailleuses du sexe. La Grève nous a aidé à étendre notre réseau
à d'autres secteurs, organisations et voisinages, notamment les femmes
sans-logis, les femmes âgées, les mères sans ressources, les
travailleurs agricoles d'Immokalee, les réseaux anti-guerre,
altermondialistes et de solidarité, etc. Les activités de la Journée
internationale des femmes étaient quasi inexistantes dans la Baie de
San Francisco avant que la Grève existe. La Grève a amené une dimension internationale
à notre travail, en nous connectant davantage aux vies et aux réalités
des femmes du Sud. Nous avons découvert quelles multinationales étaient
basées à San Francisco et quel était leur rôle dans l'exploitation
internationale. Pendant la Grève, nous prenons contrôle de lieux dans
le centre-ville où d'ordinaire, nous les gens de la base, n'allons pas.
Nous avons également vu la réponse des femmes et des hommes à la Grève,
et avons pu goûter au pouvoir qu'amène le rassemblement de secteurs et
de problèmes différents en une force unitaire. » Collectif des Prostituées US – Salaire dû
aux lesbiennes US
PROStitutes Collective - Wages Due Lesbians ______________________________________________________________ Co-ordination de la Grève ANGLETERRE International
co-ordination Crossroads Women's Centre230a Kentish Town Road, London
NW5 2ABTel: 00-44-20-7482 2496 Fax:
00-44-20-7209 4761 ARGENTINE SAC, Francia 3036, 3000 Santa Fe Tel: 00-54-342-453 0216 & 496 0868 izanutig@gigared.com; amadecasa@gigared.com ESPAGNE Centro 'Las Mujeres Cuentan', Radas 27 Local, 08004 Barcelona Tel/Fax: 00-34-93-442 2304huelgademujeres8m@teleline.es ETATS-UNIES Los
Angeles Crossroads Women's
Centre Philadelphia
Crossroads Women's Centre San
Francisco Crossroads
Women's Centre GUYANE Red
Thread, 72 Princess & Adelaide Streets, Charlestown,
Georgetown INDE Chhattisgarh
Women's Organisation IRLANDE 10
Galway Bay Apartments, Salthill, Galway PERU 132
Wakulski, Cercado, Lima Jr. 20 de Julio No 159, Urbanización Fernando Belaunde Terry, Chanuchanu, Puno Tel: 00-51-51-356 808 pacha_aru@hotmail.com TRINIDAD ET TOBAGO NUDE, Mount Pleasant Rd, ArimaTel: 001-868-667 5247 domestic@tstt.net.tt OUGANDA KWO,
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