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MANIFESTE
VERS
UNE CONVERGENCE DES LUTTES DES SANS PAPIERS, Face
à la construction d’une Europe forteresse niant les droits les plus
fondamentaux des personnes immigrées ou réfugiées sur son territoire (
logement, soins, aide financière, travail payé, éducation,
citoyenneté, liberté de circulation et d’installation…), il
est apparu indispensable de construire une convergence des luttes
des sans-droits. Partout en Europe, les victimes de la législation répressive
européenne sont engagées dans des combats pour leurs droits essentiels
et leur survie. La perspective d’un réseau transnational doit permettre
de créer une force collective, autonome, transversale, menée par les
acteurs et actrices eux-mêmes, capable de répondre aux nouvelles
attaques économiques et politiques des gouvernements à l’échelle
européenne. Le
texte qui suit résulte d’une série de rencontres initiées au
Camp NoBorder à Strasbourg en juillet 2002, des différents collectifs
européens de Sans-Papiers, Réfugié(e)s et Migrant(e)s, réunis depuis
à Leiden (PGA), Berlin (Caravantour), Bruxelles, Florence (FSE 2002),
Londres(2003). Elargi à l’ensemble des associations présentes au
dernier FSE de Paris-St-Denis, ce document vise notamment à servir
de plate-forme commune de mobilisation pour la journée européenne
d’action du 31 janvier 2004 adoptée à l’issue du Forum. Les
femmes, hommes et enfants Sans-Papiers, Réfugié(e)s et Migrant(e)s ne
sont que le sommet visible d’un iceberg de précarisation s’étendant
à l’ensemble des autres travailleurs. Dans
les pays industrialisés, les Sans-Papiers sont les premières victimes du
capitalisme néo-libéral dans sa mise en place progressive d’une
globalisation de la précarité et la détérioration des conditions de
vie. A
la suite de l’exploitation politique, économique et militaire que les
gouvernements et institutions des pays industrialisés imposent à nos
pays d’origine, avec la complicité de certains gouvernements corrompus,
des milliers de femmes, hommes et enfants sont obligés d’émigrer. Ceux
d’entre nous qui quittons notre pays pour l’Europe sommes alors forcés
de survivre dans des conditions des plus dégradantes (exploitation au
niveau du travail et des salaires, violences raciales et sexistes, pas
d’accès à un logement décent, …). Par
conséquent, les Sans-Papiers, Migrant(e)s et Réfugié(e)s sont au cœur
du combat politique contre la globalisation capitaliste et pour la
construction d’une société respectant les droits en conformité avec
la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, en tout premier lieu
le droit à la vie. Les femmes, parce que se sont elles qui assurent
principalement par leur travail, la survie des familles, sont au premier
rang de la lutte. Nous,
femmes, hommes et enfants Sans-Papiers, immigrés et réfugiés ainsi que
toute personne concernée par les Droits de l’homme, sommes déterminés
à renforcer et élargir, sur le long terme, la lutte contre la répression,
les camps de rétention, l’exploitation, le sexisme, le racisme et toute
discrimination, violence et esclavagisme. Le
développement de campagnes coordonnées, à l’exemple de cette journée
européenne d’action du 31 janvier 2004, constitue un axe offensif pour
atteindre cet objectif. A
l’échelle européenne, nous revendiquons :
Les
signataires : Allemagne (Kein Mensch Ist
Illegal,Hanau, Kein Mensch Ist Illegal Goettingen, The Voice, The Caravan
…) Angleterre (No One Is Illegal UK, Barbed Wire Britain, Kent
Campaign to Defend Asylum Seekers, Grève mondiale des femmes, Payday,
Crossroads Coalition for Justice for Asylum Seekers…) Belgique (Ambassade
Universelle, Collectif anti expulsions…) Espagne (Xarxa de
Mobilitzacio Global, Federacio de Col’lectius d’Immigrantes a
Catalunya, Papers per Tothom, Huelga mundial de mujeres…) France
(Droits devant ! !, Confédération Paysanne,…) Italie (Confédératione
Cobas, Tavolo Migranti,…) Suisse ( Coordination Nationale des
Sans-Papiers, Mouvement des Sans-Papiers,…) |