LETTRE OUVERTE À JOHN SWEENY, Président de l’AFL-CIO
Fédération américaine du travail et Congrès des organisations industrielles

De la part de la Grève mondiale des femmes

Le 2 avril 2003

1. Pourquoi nous avons écrit l’Appel des syndicats du Venezuela à la population aux États Unis

En juillet 2002, lors d’une réunion au Venezuela 1, nous avons rencontré un certain nombre de dirigeants de syndicats et d’organisations communautaires qui demandaient l’arrestation de la direction corrompu de la CTV (Fédération des travailleurs du Venezuela), en particulier celle du président Carlos Ortega, l’accusant d’être lié à la CIA.

La direction de la CTV a ajouté une crédibilité ouvrière au coup d’état et aux tentatives répétées de l’élite raciste blanche agissant pour le compte de l’industrie internationale du pétrole, des médias privés et du gouvernement américain de destituer le gouvernement vénézuélien. Le président Hugo Chávez Frías a été porté au pouvoir par un mouvement populaire lors d’un raz-de-marée électoral en 1998. Depuis cette élection, ce gouvernement représente les pauvres du Venezuela, qui sont en grande majorité des gens de couleur.   

Les syndicalistes ont critiqué le fait que la direction de la CTV a bénéficié, et bénéficie encore, du soutien de l’AFL-CIO. Ils firent appel à la « solidarité et au respect de la population d’Amérique du Nord à l’égard du processus pacifique et démocratique qui représente la grande majorité de notre peuple, les femmes, les pauvres et les plus défavorisés ».

Selon les fédérations syndicales CUTV, CGT et FBT, la CTV avait en décembre 2002 perdu l’appui de 70% des travailleurs de l’industrie pétrolière, de 95% des travailleurs de l’industrie énergétique, de 60% des fonctionnaires du gouvernement central, de 100% des travailleurs industriels – fer, aluminium et automobile – ainsi que de 75% des syndicats du secteur privé. Selon Germanico Moyano, secrétaire général de SUPROBAUX, syndicat des travailleurs de l’industrie de la bauxite, « une majorité de travailleurs quittent la CTV qui ne représente maintenant qu’environ 20% de la main d’oeuvre, alors que plus de 50% des travailleurs se sont maintenant ralliés à la FBT (Fuerza Bolivariana de Trabajadores). »2

Le 3 février 2003, nous avons reçu une lettre de la FBT, une organisation de syndicalistes avec lesquels nous avons travaillé durant quelques mois. La lettre était adressée à la AFL-CIO, et à d’autres membres de l’association internationale des syndicalistes qui s’est formée récemment répondant aux Amis de  du Venezuela, une initiative  du  gouvernement Brésilien, visant à «promouvoir un règlement électoral négocié, démocratique, et pacifique à la crise vénézuélienne ».3

La FBT alerte les organisations syndicales internationales des activités anti-ouvrières de la direction de la CTV, offre une chronologie des évènements, et invite les travailleuses et les travailleurs et les syndicalistes à venir constater la présente situation par eux-même.

Ces évènements se sont rapidement succédés et, dès le mois de mars, le mouvement syndical vénézuélien avait totalement répudié les activités de la CTV. Le 3 mars 2003, des syndicats de base ont signé la Déclaration de Cagua demandant une rupture finale d’avec la CTV corrompue et la création d’une nouvelle fédération syndicale pour la remplacer. Ils ont proposé une structure ouverte et démocratique pouvant également inclure des secteurs exclus par la CTV, tels que les sans emplois et les travailleurs ruraux ou sans emploi ainsi que les travailleurs des coopératives et du secteur informel. Sur l’ensemble des 3000 syndicats, 2500, soit environ 84%, ont déjà accepté de joindre cette nouvelle fédération qui fut officiellement mise en place au début du mois d’avril 4.

Comment la AFL-CIO a-t-elle accueilli cet appel destiné à rejeter la CTV et à reconnaître l’avènement de la nouvelle fédération ?

Un certain nombre de syndicalistes américains, ainsi que notre propre organisation, avaient précédemment noté que, la direction de l’AFL-CIO sétant, de façon prometteuse, engager en faveur de la base et désengager à l’égard du Département d’État américain, s’est de nouveau permis de devenir une extension de la politique étrangère américaine d’un président qui représente les employeurs, en particulier ceux des secteurs de l’armement et du pétrole, absolument indifférents aux vies et au bien-être des familles ouvrières aux Etats-Unis et à l’étranger. (Voir document ci-joint).

2.  Le coup d’état et l’implication de l’AFL-CIO.

Comme vous le savez, le 11 avril 2002, des officiers supérieurs de l’armée et l’organisation des employeurs FEDECAMARAS ont renversé, avec l’aide de l’administration américaine, le gouvernement du Venezuela légalement élu, et ont mis en place une dictature de courte durée. La direction de la CTV, en particulier son président Carlos Ortega, était massivement impliqué.

§           Pour faire apparaître le coup d’état comme un soulèvement populaire, Ortega donnait son appui à la « grève générale » appelée par la FEDECAMARAS en décembre 2001 et, ce qui est encore plus décisif, celle d’avril juste avant le coup d’état. Ces deux « grèves » furent décrites par la plupart des syndicalistes vénézuéliens comme des lockouts : on dit aux travailleuses et travailleurs « d’arrêter le travail ; comme nous payons vos salaires, ne vous rendez pas au travail, car les lieux de travail seront fermés. »5. En décembre, Ortega fit une apparition triomphante à la télévision, main dans la main avec Carmona alors président de la FEDECAMARAS.

§           En avril, c’est Ortega qui fut à la tête de la marche des chefs d’entreprise vers la résidence présidentielle pour que les organisateurs du coup d’état puisse prendre le pouvoir. Ils kidnappèrent ensuite le président Chávez. La plupart des bureaux du gouvernement furent assiégés par des cadres de la CTV de même que d’autres personnes désignées par les employeurs et leur nouvelle dictature. Ortega félicita publiquement le dictateur Carmona, qui procéda immédiatement à l’abolition de tous les droits constitutionnels et l’assistant personnel d’Ortega, Leon Arismedi, fut nommé ministre de la Planification et du Développement.

§           Le gouvernement des États-Unis fut le premier et le seul gouvernement à reconnaître la dictature de Carmona.

§           Pendant que le Département d’État américain tenait des réunions secrètes avec les organisateurs du coup d’état auxquels il fournit un généreux appui financier, l’AFL-CIO supportait la CTV et Ortega par l’intermédiaire de son American Center for International Labor Solidarity (Centre américain pour la solidarité ouvrière internationale) - ACILS (qui remplaça l’American Institute for Free Labor Development (Institut américain pour le développement ouvrier libre) – AIFLD, (voir ci-dessous).

§           Entre l’année 2000 et l’année 2001, le National Endowment for  Democracy (NED) créé par le gouvernement américain pendant la guerre froide, accorda plus de trois fois plus de fonds au Venezuela, de 257 831 $ à 877 435 $, la part du lion étant attribuée aux adversaires de Chávez. L’une des principales organisations qui reçut le financement du NED par l’intermédiaire de l’ACILS de l’AFL-CIO fut la CTV, qui vit son financement passer de 60 084 $ durant l’année 2000, à 154 377 $ en 2001, soit plus du double. L’argent de l’AFL-CIO fut soit-disant employé à financer des cours de formation professionnelle de l’Institute of Higher Education Union Studies (Institut d’études syndicales supérieures) de la CTV (INAESIN). Mais comme Alfredo Ramos, un nouveau membre de la CTV et parlementaire anti Chávez, l’a mentionné à l’égard de la INAESIN : « Ils n’ont pas à rendre leurs comptes publics. » 6

§           Le 3 octobre 2002, alors que la participation prépondérante de la direction de la CTV au coup d’état n’était plus un secret pour personne, vous avez écrit au Président Chávez au nom des « 13 millions de travailleurs hommes et femmes que nous représentons » indiquant que l’AFL-CIO « a appuyé la CTV dans un projet de réforme interne profondément démocratique, incluant le premier scrutin électoral direct, universel et secret à tous niveaux ». Vous avez omis de mentionner que c’était le gouvernement de Chávez qui avait insisté pour la mise en place de ce processus, comme élément de son programme visant à enrayer la corruption à tous les niveaux, y compris au sein des syndicats. Toutefois ce processus n’est valable que s’il n’est pas frauduleux.

§           Vous demandez au président Chávez de « reconnaître les membres du conseil exécutif de la CTV élus en novembre 2001 », c’est-à-dire Ortega et ceux qui ont tenté de le renverser. Vous deviez pourtant savoir que la majorité des syndicats avaient porté des accusations publiques à l’effet que l’élection de novembre 2001 était manifestement frauduleuse. Ils ont soutenu que 48% des bulletins de vote avaient « disparus », et que les 52% soit-disant gagnés par la direction ne furent soumis à aucun examen rigoureux. Le président de la Commission électorale (qui n’est pas un supporter de Chávez) refusa de ratifier le résultat des élections. La Commission électorale fut élargie à la dernière minute, afin d’y inclure suffisamment de membres pour déclarer la victoire d’Ortega. Mais le document de la Commission électorale est signé par ses membres, mais non par son président. 7

§           Comme tous les autres syndicats corrompus pour représenter les intérêts des employeurs, la CTV a une longue histoire de corruption. Elle a entretenu des liens étroits avec l’Acción Democrática, un des deux partis politiques qui se sont relayés au pouvoir pendant 40 ans au cours desquels 80% de la population vénézuélienne fut maintenue dans la pauvreté, privée des immenses revenus générés par le pétrole, pendant que les dirigeants de ces partis et leur sympathisants se partageaient la richesse. Mais au lieu de supporter les efforts des syndicats qui, avec le gouvernement, visaient à mettre fin à des décennies de corruption syndicale, vous avez demandé que le gouvernement reconnaisse les résultats frauduleux.

§           Comme des membres de la CUTV et de la CGT nous l’ont dit : « Les dirigeants de la CTV ne se battent pas pour les salaires ou pour la mise en place de garderies pour les enfants que les employeurs sont, par force de loi, censés offrir, mais n’offrent pas. Ils ne se battent pas pour ces choses, mais pour acquérir le pouvoir politique. 

3.  Tentatives de coup pétrolier organisées par la CTV

La crédibilité de la CTV parmi les travailleurs a été compromise encore davantage par sa participation au coup pétrolier et médiatique de décembre 2002 / janvier 2003, dont le but explicite était de renverser le gouvernement, y compris en invitant les Etats-Unis à intervenir.

§           Tout comme en avril 2002, les employeurs et la direction de la CTV ont lancé un appel à la « grève générale ». La plupart des travailleuses et travailleurs se sont opposés aux lock-out. Elles et ils étaient furieux que les médias, qui avaient joué un rôle central dans le coup, présentent la « grève » comme un  grande réussite. Des piquets très suivis réclamèrent qu’ils révèlent la vérité. En dépit des mensonges et du battage publicitaire des médias, il devint rapidement impossible de dissimuler l’échec de la « grève ».

§           C’est à ce moment que les administrateurs de l’entreprise pétrolière PDVSA 8 ont décidé d’immobiliser l’industrie du pétrole. Selon Moyano, Marisel Benavides (secrétaire financier de SUPROBEAUX) et Carlos Rojas (directeur du travail du syndicat des travailleurs de l’aluminium Venalum), parmi 35 000 employés, dont 18 000 professionnels et spécialistes, seuls 3 000 directeurs et gérants ont suivi la « grève ».9

§           Mais avant de sortir, les patrons ont saboté le système informatique hautement automatisé qui contrôle la production, la distribution et l’exportation du pétrole, paralysant ainsi l’industrie. Ils ont fixé les contrôles de température à un niveau extrêmement élevé, jusqu’au point d’ébullition, provoquant des explosions, des perturbations dans la distribution d’électricité, de gaz et de pétrole, créant une crise humanitaire, la population ne pouvant plus cuisiner ou se faire soigner. Dans ces conditions, la plupart des travailleuses et travailleurs étaient dans l’impossibilité d’effectuer leur travail. Mais rapidement, ils ont remis les usines en marche en réutilisant les commandes manuels « comme cela se faisait il y a 20 ans » et en travaillant 16 heures d’affilée, sept jours par semaine pour assurer la survie de l’industrie. L’opposition s’adonne maintenant au terrorisme, plaçant des bombes et perçant les tuyaux de pétrole à coup de revolver.10

§           Les banques se sont jointes à la tentative de coup pétrolier et médiatique en fermant leurs portes au public pour créer une crise financière (comparable à ce qui s’est passé en Argentine suite aux profits tirés par le FMI et la Banque Mondiale). La plupart des syndicats des employé/es de banque se sont dissociés de leurs patrons. Ils disent que Fetrabanca, le syndicat affilié à la CTV qui a rejoint la « grève », ne représente que 1,7% du personnel des banques et que les syndicats opposés à la grève, dont ils ont une liste, représentent 60 à 70% du personnel des banques 11.

§           Les déclarations de Pedro Eusse, secrétaire général de CUTV, daté du 18 décembre 2002, ne laissent aucun doute sur le camp choisi par les travailleurs:

« … la classe ouvrière vénézuélienne ne suit pas la « grève générale » dont l’objectif visible est de déstabiliser et de renverser le gouvernement légitime afin de satisfaire les ambitions de l’oligarchie nationale et de l’ impérialisme américain, qui souhaite prendre le contrôle de notre industrie pétrolière et empêcher la formation d’une alliance des gouvernements et des peuples d’Amérique latine (Venezuela, Brésil, Equateur) opposés à ses projets de domination fondés sur la mise en place de la ZLEA. »

§           Après que les ouvriers de l’industrie pétrolière et l’ensemble des travailleuses et travailleurs ont mis en échec la tentative de coup, des syndicalistes et d’autres ont demandé au Président Chavez de prendre des mesures contre FEDECAMARAS, l’organisation des employeurs, ainsi que la direction corrompue de la CTV. Comme réponse, Carlos Fernandez, directeur de FEDECAMARAS a été arrêté et un ordre de détention a été émis contre Ortega pour instigation d’actes criminels, complot et sabotage, dans des tentatives pour renverser le gouvernement élu. Ortega s’est enfui et a trouvé asile au Costa Rica.

§           Au sujet de la nouvelle Fédération formée en mars pour remplacer la CTV, la FBT, l’un des organismes fondateurs, a déclaré : « Le rôle politique et pro-employeur de la CTV dans le coup d’avril et le sabotage pétrolier de décembre / janvier ont imposé un abandon total de la lutte syndicale qui a uni pendant des années les syndicats cherchant à obtenir de meilleures conditions de travail et de meilleurs salaires. » La nouvelle Fédération devra maintenant s’attaquer au problème des licenciements, car « les employeurs font payer aux ouvrières et ouvriers les pertes résultant de leur propre sabotage économique. »12 Elle devra également corriger la mauvaise image que la CTV  a donné au mouvement syndical vénézuélien, qui a utilisé son accès au forums internationaux pour attaquer le processus révolutionnaire, « abusant de la patience et du soutien des travailleuses et travailleurs d’autres pays ».13

4. L’AFL–CIO réagit en soutenant davantage le syndicat illégitime

L’appel des syndicalistes vénézuéliens lancé à l’AFL-CIO de cesser de soutenir Ortega n’a eu aucun effet.

§           Le 27 février 2003, le Conseil exécutif de l’AFL-CIO a adopté une résolution indiquant qu’il était “extrêmement préoccupé par l’ordre de détention émis récemment contre Carlos Ortega … fondée sur des accusations de trahison, de rébellion civile, d’instigation de crimes, d’activités de clique et de dévastation. Ces accusations semblent être une tentative de criminaliser l’exercice des droits civils fondamentaux de M. Ortega, le droit de protestation civile et la liberté d’expression. Une telle tentative violerait les droits humains fondamentaux garantis par la Constitution bolivarienne du Venezuela.”  Chose incroyable, il s’agit de la même constitution qu’Ortega et sa clique ont tenté de détruire en renversant le gouvernement.

§           Clarifiant davantage le parti-pris de l’AFL-CIO, cette résolution se poursuit pour exprimer sa préoccupation « au sujet de la détention de Carlos Fernandez, président de la FEDECAMARAS », et « s’associe à l’Organisation internationale du travail pour demander que le mandat d’arrestation contre notre confrère Ortega soit immédiatement retiré et que M. Fernandez soit relâché. » La résolution et signé par Benjamin Davis, directeur régional des programmes, Région Amériques, Solidarity Centre. 

5.  L’AFL-CIO est une extension du Département d’État

 

Le financement de syndicats corrompus comme la CTV n’est malheureusement pas un fait nouveau de l’implication des syndicats américains dans la construction de l’empire américain.  Comme vous le savez, l’AFL-CIO a depuis fort longtemps agit comme une extension du Département d’État qui a servit à promouvoir les intérêts des entreprises américaines partout dans le monde, aux détriments des droits du travail et d’autres droits humains.14

§           L’American Institute for Free Labor Development (AIFLD) fut créé après la révolution cubaine de 1959 pour assurer le contrôle des mouvements ouvriers en Amérique latine.  Le «désir spécifique de l’AFL-CIO de promouvoir et de protéger les intérêts économiques américains à l’étranger l’a amené à entreprendre des activités interventionnistes financées conjointement par le Département d’État américain et la Central Intelligence Agency (CIA). »  (Voir ci-dessous pour références.) L’AIFLD avait pour mission de soutenir ou de créer des « syndicats libres » pour miner tout mouvement critique de la politique ou des investissements américains, ou simplement critique de l’appui aux État-Unis de leur propre gouvernement.  Cette alliance entre organisations ouvrières, gouvernement et entreprises en Amérique latine trouve un écho dans l’African American Labor Center (AALC) et l’Asian American Free Labor Institute (AAFLI).  Dans les années 90, ces trois instituts furent fusionnés dans l’American Center for International Labor Solidarity – ACILS, connu sous le nom de Solidarity Centre.

§           Le gouvernement américain a financé l’AIFLD.  Bill Brock, ancien sénateur américain, représentant des affaires commerciales, secrétaire des affaires ouvrières, puis président du National Endowment for Democracy (NED) créé par le gouvernement, a écrit : « L’aide [que les instituts internationaux de l’AFL-CIO a] offerte aux « syndicats ouvriers libres » a été l’un des outils les plus efficaces des Etats-Unis dans la période de l’après-guerre pour stopper l’expansion du communisme par la subversion des mouvements de travailleurs dans les pays en développement ». «... l’AFL-CIO et l’AIFLD ont constamment appuyé les administrations de droite, les administrations férocement opposés aux mouvements de gauche et les gouvernements militaires, quelle que soit leur politique à l’égard des travailleurs.»

§           L’impact de l’AIFLD a été le plus marqué en Amérique latine, mais l’impact de l’AAFLI et de l’AALC a également été destructeur.  L’AIFLD a aidé à renverser les gouvernements démocratiquement élus en Guyane en 1964, au Brésil en 1964, en République Dominicaine en 1965 et au Chili en 1973.  Elle a également collaboré avec les dictateurs : au Salvador, en Indonésie, aux Philippines, en Afrique du Sud et en Corée du Sud, de même qu’au Brésil et au Chili après leur coup d’état militaire respectif.  L’AIFLD en particulier a mené des campagnes contre les gouvernements qui sont arrivés au pouvoir après avoir renversé des dictatures, notamment, les Sandinistes au Nicaragua, mais également le premier gouvernement du Père Aristide en Haïti.  Aider à renverser le gouvernement élu au Venezuela fait ainsi partie de la tradition syndicale !

6.  L’AFL-CIO et le coup d’état militaire au Chili

Les attaques soutenues contre le gouvernement Chávez sont souvent comparées à la situation au Chili entre 1970 et 1973.  L’AFL-CIO a aidé l’administration Nixon et de nombreuses multinationales américaines à créer les conditions qui ont mené au renversement du gouvernement démocratiquement élu d’Allende par un coup d’état militaire sanglant.15

§           Prônant le « syndicalisme libre » et s’attaquant au mouvement ouvrier chilien plus large favorable à Salvador Allende, l’AIFLD intensifia ses activités après que l’élection de 1970 porta au pouvoir le gouvernement de l’Unité populaire d’Allende.  Les  « cours de formation en leadership » furent combinés avec un transfert de fonds vers les associations de professionnels et d’hommes d’affaires qui s’opposaient au gouvernement de l’Unité populaire.  L’AIFLD mis en place un important programme d’éducation qui a été reconnu par Henry Kissinger comme un élément important de l’attaque des États-Unis contre Allende.  La plupart des gens qui furent formés par l’AIFLD n’étaient pas des cols bleus ou des cols blancs de bas échelon, mais des groupes d’employés professionnels et des petites entreprises, comme les propriétaires de camions.

§           Le New York Times (20 septembre 1974) indique que des sources des services de renseignements révélèrent que plus de 8 millions $ autorisés pour les activités clandestines de la CIA au Chili furent utilisés en 1972-1973 pour payer des allocations de grève et d’autres formes de paiement aux grévistes et travailleurs opposés à Allende.

§           Parmi ceux qui reçurent un large financement, on retrouve les organisateurs d’une grève nationale des camionneurs en 1972, qui paralysa le pays en causant une pénurie de nourriture et d’autres articles de base.

§           Le programme de l’AIFLD pour le Chili reçut 125 000 $ en 1972 et une autre somme de 118 000 $ en 1973.

§           L’AIFLD aida à la formation de la Confédération chilienne des professionnels  (CUPROCH) et fut impliquée avec le « National Command for Gremio Defense (un coordination de différentes coalitions, incluant la CUPROCH).  Le National Command était « l’organisation qui dirigea la “grève” des propriétaires de camions et des marchands », et fut  « responsable de la planification et de la mise en place du chaos économique interne au Chili.  Il a également créé des groupes paramilitaires pour terroriser les supporters du gouvernement Allende.»  Cette coalition d’organisations professionnelles, qui incluait les propriétaires de camions, fut identifié par le président Allende au cours de sa dernière émission de radio au peuple du Chili avant qu’il soit assassiné, comme l’organe dirigeant de la déstabilisation utilisée pour justifier le coup et « restaurer l’ordre ».

§           En conséquence du coup soutenu par l’AFL-CIO, "Le gouvernement écrasa le mouvement ouvrier du Chili, assassina des milliers de syndicalises et remis l’industrie chilienne à ses anciens propriétaires américains. » (Weinrub and Bollinger, 1987:17).

§           Dans les programmes élaborés par l’AIFLD pour offrir des maisons aux dirigeants syndicaux accommodants, les questions suivantes étaient posées dans les formulaires de demande : quelle est « l’organisation interne du syndicat ?; les frictions internes entre les dirigeants et les membres ; la personne faisant la demande est-elle intéressée d’avoir du pouvoir, du prestige, de l’influence ?; la personne accepte-t-elle d’être dirigée et orientée?; connexions politiques et idéologiques?; photographie si possible.” Hirsch et Muir (1987) soutiennent que la liste des personnes en apprentissage de l’AIFLD comptait près d’un demi million de personnes.

§           L’armée utilisa ces listes impitoyablement.  Une émission de 1974 mentionne un dirigeant syndical du port de Valparaiso « ayant des listes de syndicalistes devant être tués, emprisonnés ou congédiés ».  Un magazine chilien fait état d’un général Pinochet possédant un « dossier complet des travailleuses et travailleurs et des syndicats dans la capital. »

7.  Les étranges compagnons de l’AFL-CIO

L'AFL-CIO est incapable de soutenir, dans une lettre ou une résolution, que vous appuyez à la fois la direction de la CTV et la direction des employeurs tout en vous opposant au coup qu’ils ont réalisé.  En soutenant Ortega et Fernandez en 2003 vous agissez effectivement comme une extension du Département d’État et prenez position politiquement et financièrement aux côtés de :

1.     La dictature de Carmona qui a été renversée par un soulèvement populaire, réinstallant au pouvoir le président Chávez après trois jours.  Durant ses deux jours au pouvoir, la dictature a effectué des rafles dans les bureaux des syndicats opposés au coup, a aboli l’Assemblée Nationale, la constitution et 49 lois qui étaient à l’avantage des travailleuses et des travailleurs sans salaire ou à bas salaires.

2.     La privatisation des gisements pétroliers, la principale source de financement pour assurer la survie de la population vénézuélienne.  Le blocus de décembre / janvier a été appelé par des multinationales et des administrateurs de l’industrie pétrolière.  Des preuves récemment rendues publiques révèlent que des cadres qui ont cherché à stopper les activité de la société d’état vénézuélienne PDVSA recevaient leurs ordres de Washington.

3.     Les administrateurs de l’industrie pétrolière, très bien payés et éduqués aux États-Unis, ayant appris entre autres les techniques de démantèlement de syndicats, contre les travailleurs et travailleuses de l’industrie pétrolière qui ont refusé de faire grève contre le gouvernement élu par le peuple.

4.     La fédération des employeurs et la riche élite blanche et raciste qui s’oppose au gouvernement parce qu’elle veut s’emparer des revenus nationaux du pétrole et qui ne veut pas que ces revenus soient utilisés pour s’attaquer à la pauvreté.  80% de la population – en grande majorité des gens d’origine ethnique mixte Autochtone et Africaine (comme leur président, pas comme leurs employeurs) – vit dans la pauvreté.

5.     Les médias pro-coup qui ont fait la promotion du coup, bombardant le public de publicité politique les invitant à faire « grève » et d’injures racistes contre le président Chávez et ses supporters (les étiquetant de « singes » et de « populace ») et en faisant le silence sur le soulèvement populaire qui l’a ramené au pouvoir et qui s’est opposé aux « grèves ».  Venevisión, l’une des chaînes de télévision les plus enragées, appartient à Gustavo Cisneros, un ami de longue date de George Bush senior.  Avant le coup, Cisneros a eu des entretiens réguliers avec Otto Reich, alors à la tête de la division de l’hémisphère occidental du Département d’État.

6.     Tentatives de faire échec aux efforts des femmes et de leurs familles d’être libérées de l’insoutenable fardeau de travail que la pauvreté impose avant tout sur les femmes, en particulier les 70% de foyers dont les femmes sont chefs de famille.

7.     Attaques contre les nombreux gains de la constitution de 1999 favorable aux  familles ouvrières adoptée par 76% de la population, qui est mise en oeuvre : une juste distribution de la richesse; équité salariale et équité juridique entre les femmes et les hommes; reconnaissance du travail ménager comme travail productif; crédit et pensions pour les ménagères; une Banque de développement pour les femmes et une Banque populaire offrant du micro crédit; sécurité sociale et éducation gratuite pour toutes et tous; une meilleure nutrition pour les bébés et les enfants; redistribution des terres et des titres de propriété avec priorité aux ménages dont les femmes sont chefs de famille; mesures favorables aux familles des milieux ruraux, aux familles de pêcheurs, aux petites coopératives et à l’environnement; mesures contre le racisme et autres discriminations; droits élargis pour les Autochtones; un salaire minimum; la journée de 8 heures, l’abolition du temps supplémentaire obligatoire . . . Plusieurs de ces gains correspondent aux revendications pour lesquelles lutte le mouvement ouvrier international et qui n’ont pas encore été gagnés, même aux États-Unis et dans d’autres pays industrialisés.

8.     L’affaiblissement d’un ferme engagement à s’attaquer à la violence domestique et au machisme du système judiciaire que les femmes ont acquis avec le gouvernement Chávez.  L’Institut des femmes met en oeuvre un Plan national pour la défense des femmes offrant une ligne d’assistance téléphonique et des refuges pour les victimes de violence domestique.

9.     Une attaque contre les travailleuses et les travailleurs qui sont parmi les plus mal payés dans le monde et leurs efforts pour améliorer leur existence.  Pourtant, améliorer la situation de celles et ceux qui sont au bas de l’échelle et la seule garantie que les travailleuses et travailleurs aux États-Unis et d’autres pays du Nord ne voient pas leur emploi s’évanouir et leurs salaires chuter au niveau actuel des travailleuses et travailleurs des pays du Sud.

10. Une attaque contre le mouvement d’opposition à l’Accord du libre-échange des Amériques (ALEA) qui balaye les Amériques, en contradiction avec votre propre opposition à l’ALENA et son extension.  L’ALENA a résulté dans une dégradation des salaires et des conditions de travail des travailleuses et des travailleurs au Mexique et aux États-Unis.

L’AFL-CIO fait un mauvais usage des ressources et du pouvoir des organisations ouvrières.  Sa collaboration avec le Département d’État et son impact pour les travailleuses et les travailleurs partout dans le monde a été dissimulé aux membres qui n’ont joué aucun rôle dans l’élaboration des politiques de l’AFL-CIO ; ils n’ont fait que payer pour ces politiques de différentes façons.

§           En appuyant la direction de la CTV et la direction des employeurs, vous trahissez les femmes et les hommes qui essaient de s’organiser pour se défendre sur un continent qui a été tourmenté par les dictatures, les escadrons de la mort, la torture et les invasions, appuyés, quand ils n’étaient pas organisés, par le Département d’État.

§           Vous prenez position du côté de l’administration américaine à un moment où : la CIA a officiellement adopté une politique d’assassinats (il y a déjà eu des tentatives sur la personne du président Chávez); des centaines de prisonniers de guerre sont détenus dans des camps de concentration à Guantánamo Bay, en violation du droit et des conventions internationales en matière de droits humains; le Patriot Act a créé une répression parallèle contre vos membres aux États-Unis; l’administration Bush entend faire la guerre et tuer peut-être des millions de femmes, d’enfants et d’hommes, en d’autres mots des familles ouvrières en Irak, qui ne constituent nullement une menace pour les familles ouvrières aux États-Unis ou ailleurs et qui ont déjà grandement souffert des 12 ans de sanctions économiques imposées par les États-Unis.

§           Vous aidez un président qui domine pour le compte des grandes entreprises et qui, comme Ortega, s’est emparé du pouvoir de façon frauduleuse.

8.  Les champs de massacre des États-Unis

Au cours du dernier siècle se sont déroulé les massacres les plus sanglants que le monde ait jamais connu.  Depuis la Deuxième guerre mondiale, le complexe militaire américain a dépensé l’équivalent de 26 millions $ par jour depuis la naissance du Christ.

§           Constamment, nous n’avons pas pu empêcher l’armée américaine et leurs missiles de bombarder les populations d’autres pays au nom de la démocratie, du monde libre, des intérêts américains, du marché libre, ou de former ou de financer des soldats et les escadrons de la mort de dictateurs (y compris ceux de Saddam Hussein).  Des armes de destruction massive ont été utilisées et continuent de l’être par les États-Unis, de la bombe atomique contre les populations civiles, pour la première fois à  Hiroshima et Nagasaki, aux armes chimiques comme l’agent orange au Vietnam et les bombes contenant de l’uranium appauvri dans la guerre du Golfe.  L’effet accumulé de chacune d’entre elles, souvent à notre insu, a été de tuer et d’handicaper des millions de gens longtemps après que les guerres soient terminées, y compris des nouveaux-nés et des vétérans américains.  Les État-Unis menacent maintenant d’utiliser une nouvelle génération d’armes nucléaires en Iraq.

§           Pourtant l’opposition de l’AFL-CIO au projet de Bush de ramener des millions de nos sœurs et frères en Irak à l’Age de pierre a été lamentablement faible, faisant fi de l’opposition massive à cette guerre aux Etats-Unis et dans le monde.

Les gens du Venezuela ont signalé que le coup d’avril, tout comme la guerre planifiée contre l’Irak, concerne avant tour le contrôle américain sur le pétrole.  Mais le Venezuela et l’Irak ne sont pas les seuls pays menacés.

§           Le bombardement et l’invasion de l’Afghanistan a permis la mise en place du pipeline d’Unocal. Avec l’aide du Plan Colombia, les Colombiens, en particulier les travailleurs et les syndicalistes de l’industrie du pétrole qui s’opposent à la privatisation, sont massacrés.  Les gens du Nigeria qui s’oppose à Shell, femmes et hommes, sont liquidés (bien que l’été dernier, les femmes ont remporté une importante victoire en s’emparant des installations pétrolières et en demandant que Shell fournisse de l’électricité, des écoles  pour les communautés environnantes) .  Des millions de gens dans de nombreux pays en Afrique sont assassinés ou meurent de faim au nom de l’industrie pétrolière.  Où cela s’arrêtera-t-il ?  Les millions de gens qui ont manifesté dans les rues de tous les pays le 15 février en revendiquant « Pas de sang pour le pétrole » insistent pour que cela s’arrête immédiatement.

9.  Personne parmi nous n’a d’excuses pour permettre aux syndicats d’attaquer les travailleuses et travailleurs

§           Nous n’allons pas nous retenir, nous ne pouvons pas nous retenir de nous opposer aux politiques, aux actions ou à l’inaction des syndicats quand ils attaquent la raison même pour laquelle nous les avons mis initialement sur pied, à cause de la crainte que nous minerions ainsi l’unité de la classe ouvrière.  Nous avons constitué des syndicats pour que celles et ceux qui possèdent le moins à Los Angeles, à Caracas, à Johannesburg, à Calcutta ou Bagdad puissent améliorer leur sort ensemble, éliminant ainsi la situation au bas de l’échelle.

§           Quand les syndicats, les institutions que nous créons, attaquent l’un ou l’autre d’entre nous, en légitime défense nous osons nous rappeler qu’une attaque contre l’un est une attaque contre tous.

§           Au lieu de construire ce que nous avons besoin en cette période effrayante, l’unité de la classe ouvrière au-delà des frontières nationales et contre tous les exploiteurs, l’AFL-CIO utilise notre propre organisation contre nous, transférant ainsi notre pouvoir à nos patrons.

§           Cette collaboration de l’AFL-CIO avec la Maison blanche a affaibli sa capacité de défendre les travailleuses et travailleurs aux États-Unis.

§           Comme certains riches aux États-Unis qui se sont opposés à l’abolition de la taxe sur l’héritage de Bush ont indiqué : « En 1980, un patron gagnait 42 fois le revenu de ses travailleurs, maintenant c’est 419 fois autant.» 16

§           Pourtant l’AFL-CIO n’a pas répondu de façon effective à la coupure de salaire des employés fédéraux aux État-Unis qui, comme Bush le soutient, est nécessaire pour transférer les ressources vers sa « Guerre contre le terrorisme » que l’AFL-CIO a fait des pieds et des mains pour appuyer.  Elle n’a pas non plus répliqué aux dommages faits à son travail d’organisation sur les questions nationales, des soins de santé à la syndicalisation, parce que les travailleuses et travailleurs immigrants, parmi d’autres, ont été terrorisés par la « Guerre contre la Terreur ». Sans parler de l’éloignement progressif des travailleuses et travailleurs latinos qui supportent de manière écrasante la révolution bolivienne pacifique et démocratique au Venezuela.

§           Nous ne mettrons jamais fin à l’exploitation partout si nous soutenons ou même permettons ces choses où que ce soit.  L’AFL-CIO n’a aucunes excuses pour agir ainsi, et nous n’avons aucunes excuses pour leur permettre de le faire.

Il est temps que l’AFL-CIO fassent preuve de « solidarité et de respect » et retourne au principe fondamental du syndicalisme qu’une attaque contre un est une attaque contre tous au niveau mondial.

 

Alors que vous serez peut-être tenté de faire fi de cet appel parce qu’il vient des femmes, et parce que nous ne sommes pas un syndicat officiel, il est important de se rappeler que a) l’écrasante majorité des travailleuses et travailleurs salariés dans le monde ne font pas partie d’un syndicat (seulement 14,6% des travailleuses et travailleurs vénézuéliens sont syndiqués, 13% aux États-Unis); et b) les femmes font la plupart du travail dans le monde, les 2/3 selon l’OIT.  La FBT reconnaît que la plupart des travailleuses et travailleurs au Venezuela, comme c’est le cas dans le reste du monde, ne sont pas salariés.  Nous espérons que vous accepterez l’invitation de la FBT de « venir et de rencontrer les femmes et les hommes qui travaillent dans l’économie informelle, les sans-emplois, et le peuple du Venezuela, les véritables protagonistes de cette lutte.”

Pouvoir aux soeurs et aux frères qui peinent à la sueur de leur front.

Andaiye (Guyane)    Paula Bustamante (Pérou)    Phoebe Jones Schellenberg (États-Unis)  Nina López-Jones (Angleterre)

Au nom de la Grève mondiale des femmes 
Email:
philly@crossroadswomen.net  
womenstrike8m@server101.com

La Grève mondiale des femmes, actions de la base dans plus de 70 pays chaque 8 mars, Journée internationale de la femme, est coordonnée par la Campagne internationale pour un salaire au travail ménager et WinWages -  Women’s International Network for Wages for Caring work (Réseau international des femmes pour un salaire au travail de soins), qui est basé en Argentine, en Guyane, aux Indes, en Irlande, au Pérou, en Angleterre, en Espagne, à Trinidad & Tobago, en Ouganda et aux États-Unis. 


1 La réunion incluait des représentantes et représentants de CGT-tendencia clasista (Confederación General de Trabajadores), la division internationale de la CUTV (Central Unitaria de Trabajadores de Venezuela) et de l’Instituto Laboral Andino (Institut du travail andin) qui représente les travailleuses et travailleurs de Bolivie, Colombie, Équateur, Pérou et Venezuela et le Consejo Andino de Mujeres Trabajadoras (Conseil andin des travailleuses), de même que d’organismes communautaires

2 La FBT (Force ouvrière bolivarienne) est une organisation de plus de 1500 dirigeants de syndicats d’industries de base, y compris du transport, des services publics, de l’industrie du fer et de l’acier, de l’aluminium et de la bauxite, de la production et distribution de l’énergie électrique.  La lettre de la FBT à l’AFL-CIO et autres syndicats internationaux est signé par Oswaldo Vera (président du syndicat des employé/es d’universités ATAUSIBO) et Eduardo Piñate (président du syndicat des enseignants SINAFUN).

3 Le nouveau président élu du Brésil, Lula da Silva, a proposé un Groupe d’Amis du Venezuela incluant les gouvernements des pays voisins, de même que l’Espagne et les États-Unis.

4 3 mars 2003, Aporrea / Ultimas Noticias

5 Lettre de la FBT et autres à l’AFL-CIO, 3 février 2003

6 Mike Ceaser, journaliste pigiste basé à Caracas  msceaser@yahoo.com

7 Elio Colmenarez, représentant de la FBT sur la Commission électorale de la CTV durant le processus électoral de 2001

8 PDVSA: Petróleos de Venezuela Sociedad Anónima

9 Au Venezuela le taux de syndicalisation est de 14,6% ou 1.800.000 travailleuses et travailleurs.  De près de 3000 syndicats, plus de la moitié ne sont pas dans des fédérations.  Une majorité de ceux qui sont fédérés sont avec la CTV; le reste est divisé entre trois autres centrales syndicales : CUTV, CGT et CODESA.

10 Susan Webb, People’s Weekly World, 8 février 2003

11 Aníbal Galindo, conseiller syndical des employé/es de banques, a établi la liste des syndicats qui ont rejeté la « grève » et qui ont dit qu’ils quittaient la CTV.  Il a demandé une enquête au sujet de la Fetrabanca pour avoir prétendu représenter des syndicats qui n’y sont pas affiliés, et au sujet de son président, Elías Torres, qui a reçu un paiement de retraite de 95.421.930 bolívares.

12 José Ramón Rivero, Coordination nationale de la  FBT, cité dans Venpres, 4 mars 2003.

13 Idem

14Ces deux sections sur l’AIFLD sont fondées sur l’article de Kim Scipes “It’s Time to Come Clean”, Labor Studies Journal, Vol. 25, No.2, Été 2000. S.4-25.  Kim Scipes cite largement de nombreuses sources, en particulier Bollinger, Fagan, Hirsch, Kaufman, Kirkland, Muir, Robinson, Spalding, Weinrub, Winburg . . . Pour lire l’article et d’autres renseignements, voir LabourNet Germany: http://www.labournet.de/

L’article de Kim Scipes soutient que le  « Président Sweeney semble reconnaître que de nombreux changements dans l’économie mondiale sont nuisibles aux travailleuses et travailleurs syndiqués aux États-Unis, et ainsi il est dans l’intérêt de l’AFL-CIO de développer la plus grande solidarité avec les organisations ouvrières et autres pour syndicaliser et défendre les travailleuses et travailleurs.   Ce qui est essentiel pour le développement de cette solidarité est une reconnaissance honnête des pratiques passées de l’AFL-CIO.  Il n’est pas suffisant de dire que ces pratiques sont choses du passé.  La politique étrangère de la Fédération doit être explicitement rejetée par la direction.”  

Malheureusement, comme le montre le soutien actuel de l’AFL-CIO pour la CTV au Venezuela, cette politique étrangère n’est pas « chose du passé.»

15 Idem

16 The Guardian, 12 février 2003.


OPEN LETTER TO JOHN SWEENEY, President of the AFL-CIO

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