Pourquoi j’appuie la deuxième Grève mondiale des femmes
DES CHANGEMENTS DURABLES
En 2001, j’appuie de nouveau la Grève des femmes, car lorsque j’ai vu que des femmes d’Ouganda et du Pérou se lançaient dans l’action le 8 mars 2000 pour revendiquer ce que les femmes (et les hommes) en Grande-Bretagne demandaient, j’ai pensé que des changements durables sont maintenant possibles, car ils ne pourront pas, cette fois-ci, nous jouer les uns contre les autres. En Grande-Bretagne, la plupart des services publics ont été privatisés et sont dans un état de désintégration. Quand j’utilise le transport en commun, je ne sais pas QUAND j’en sortirai, ni même SI j’en sortirai en un seul morceau. Aujourd’hui en Argentine, le système ferroviaire a cessé de fonctionner. La Grève mondiale des femmes est pour moi une occasion de faire obstacle à cette dégradation qui se produit partout, de protester contre mes conditions de vie immédiates, en sachant que cela ne se fait pas au détriment des femmes ou de quiconque ayant moins de pouvoir social, ce qui me libère de la culpabilité et de l’hésitation qui s’y rattache.
Benoit, immigrant, originaire du Québec

ÉQUITÉ SALARIALE
Je dépensé beaucoup d’efforts à lutter pour l’équité salariale, un salaire égal pour un travail d’égale valeur. Ça fait mal de voir des gens accomplir leur travail, être payés beaucoup moins que quelqu’un qui fait un travail d’une valeur équivalente, puis être traités en fonction de ce niveau de paie inférieure, en particulier si c’est quelqu’un qui vous est proche. Évidemment, c’est ce qui arrive à toutes les femmes que je côtoie. La Grève mondiale des femmes est pour moi une occasion d’aider à faire opposition à de telles différences salariales et à la dévalorisation des gens qu’elles entraînent. Ayant constaté le succès de l’an dernier, et le plaisir avec lequel les gens s’opposent à la mondialisation avec une grève mondiale, tout est de nouveau redevenu possible.
Sam, États-Unis – Grande-Bretagne.

UN GARS DE LA NATURE
La Grève de mars l’an dernier m’a ouvert les yeux sur le fait que l’appel lancé par des femmes de la base d’« arrêter le monde pour le changer » ait reçu une réponse aussi enthousiaste à l’échelle internationale. C’est évident que ce mouvement va quelque part! Quelque part où je veux aller. D’une part, il m’a encouragé à accepter une part plus juste du « travail des femmes » dans mes relations personnelles et politiques et à être davantage conscient des conséquences quand je ne le fais pas. D’autre part (quelque chose qui est très cher à un « gars de la nature » plus habitué aux oiseaux, aux insectes et aux arbres qu’aux êtres humains), la revendication de la Grève pour un monde qui valorise le travail et la vie des femmes, et donc tout le genre humain y compris moi-même, est aussi la base pour un monde qui valorise le travail et la vie du reste de la création.
Dean, Payday, États-Unis

DES CHOSES PERSONNELLES SUR LA SCÈNE MONDIALE
L’étendue et la signification de la Grève mondiale des femmes sont si vastes, que celle-ci recouvre à la fois ces choses que je connais intimement et la scène mondiale.

Quel que soient les difficultés que nous rencontrons en tant qu’hommes, et que nous rencontrons en tant qu’habitants des pays du Nord, celles-ci sont habituellement pires pour les femmes et les gens des pays du Sud. Nous sommes si nombreux à faire face à des situations d’illégalité : forcés de faire du vol à l’étalage pour acquérir une nourriture décente, en particulier pour nos enfants, ou de donner de faux noms et adresses pour éviter les amendes si on se fait attraper sans un ticket de transport valide.

En tant que juif, l’attaque de la Grève contre les dépenses militaires et pour la liberté de circulation est pour moi autant une attaque contre l’antisémitisme que contre le racisme de l’État d’Israël à l’égard du peuple palestinien.

Avec son slogan : « pour en finir avec le travail sans salaire, mal payé et excessif », la Grève m’offre une occasion unique d’être solidaire avec la grande majorité du monde.
Michael, Grande-Bretagne.

RECONNAÎTRE CE TRAVAIL OUBLIÉ
J’accorde un appui sans réserves à la Grève mondiale des femmes de 2001. Il y a tant de travail important qui n’est pas reconnu. On dirait que ce monde aux mains des grandes entreprises ne valorise que le travail qui permet de faire de l’argent, tout en oubliant le travail qui nourrit, valorise et soutient la vie d’autres personnes. Tant qu’il n’y aura pas de reconnaissance de ce « travail oublié », essentiellement fait par les femmes, la litanie d’actes destructeurs, insensés et inhumains infligés à celles et ceux qui n’ont rien, continuera sans répit. Le fossé entre les riches et les pauvres s’élargit au point où des individus sont payés des salaires qui permettraient de nourrir des nations entières alors que des millions sont affamés.

Je crois qu’un salaire pour le travail ménager, l’éducation des enfants, etc. commencerait à réaliser une distribution plus juste de la richesse. Il est aussi essentiel que le fantastique travail bénévole qui prend place dans les campagnes pour protéger l’environnement, lutter contre les injustices et construire des communautés soit reconnu comme travail essentiel, important et méritant d’être payé. En tant qu’infirmier dans le secteur de la santé mentale, je suis conscient de la pression supplémentaire que subit surtout mes patientes féminines, résultant non seulement de l’obligation d’exécuter la majorité des tâches domestiques, mais aussi de devoir se sortir des crises financières quotidiennes. Une reconnaissance monétaire de leur travail améliorerait grandement leur situation et augmenterait leur chance de demeurer en santé.

Ma mère et ma belle-mère accomplissent tous les jours une grande quantité de travail non payé. Il est temps que les gouvernements de ce monde reconnaissent leur rôle. Je suis enthousiaste au fait que non seulement le travail des femmes soit valorisé, mais aussi que le soient leurs voix, leurs plans et leurs idées. J’ai entendu la voix des hommes au pouvoir et elle semble ne parler que d’intérêts personnels, de profit à tout prix et d’ignorance sociale. La grève est une autre occasion d’entraîner les gens vers un changement nécessaire. Bonne chance.
Cerdic, Australie

SE SOULEVANT DES ÉTOILES
Elles marchent
les femmes de la Terre
jeunes et vieilles semblables
les bras liés dans leur destinée
à grandes enjambées d’unité, de dignité
et de simple fierté.

La tête haute
une divinité dans leur sillage
les yeux pleins de confiance en elles
se déplaçant sur la planète
formant un seul tout.

Les femmes de la Terre
guidées par leurs principes
d’allégeance et d’égalité
de dévouement et d’attention aux autres
marchant dans une vague splendide
de force
et de persévérance
marchant en opposition
comme si c’était sur l’eau
qu’elles marchaient.

Je vois les femmes
marchant dans la révolution
levant le bras droit
d’un salut de travailleuses
arpentant
la planète Terre
les autoroutes, les boulevards et les chemins
entrecroisant villages, villes, cités
et pays.

Je vois les femmes se soulevant des étoiles.

Le 8 mars 2001, femmes et filles feront grève pour exiger une société qui INVESTIT DANS L’ENRICHISSEMENT DE TOUTES LES VIES, et non dans celui de quelques uns.
Larry Jaffe, poète, États-Unis

ÉRADIQUER CETTE INÉGALITÉ
Ne seriez-vous choqué si vous découvriez que toute votre vie vous avez travaillé aux côtés de quelqu’un faisant exactement le même travail, exactement de la même façon, durant exactement le même temps, sauf que celui-ci est payé beaucoup plus que vous? C’est pourtant ce qui arrive à la plupart des femmes dans le monde, travaillant toute leur vie, mais ne recevant qu’une portion de ce qu’elles recevraient si elles étaient des hommes. Ça c’est quelque chose qui me choque. Et aujourd’hui, les femmes font le même

travail que les hommes. En fait, beaucoup plus de travail, étant souvent aussi responsable du foyer. C’est pourquoi, tout ce que je peux faire pour aider à éradiquer cette inégalité est du temps bien utilisé.
Mark, Grande-Bretagne

NÉ ET ÉLEVÉ DANS UNE ANCIENNE COLONIE BRITANNIQUE
Étant un homme né et élevé dans un ancienne colonie britannique, je suis personnellement conscient des graves injustices qui se sont perpétuées même après la soi disante « indépendance », sous la botte impitoyable du néocolonialisme. Il est indiscutable que le secteur le plus exploité et le plus opprimé par la mondialisation d’aujourd’hui, et de loin le plus nombreux, sont les femmes qui habitent les pays du Sud et l’Europe de l’Est. Ma mère qui a fait la majorité du travail ménager et qui a inlassablement pris soin de nous est aujourd’hui handicapée, tandis que le rôle joué par l’une de mes soeurs, une mère monoparentale qui a consacré la plupart de son temps à s’occuper de ses enfants, n’est toujours pas reconnu, et encore moins payé. Mais par dessus tout, les contradictions aiguës de cette société pathologique se sont manifesté de façon personnelle lorsque une travailleuse domestique (très mal payé au Sri Lanka) qui s’est affectueusement occupé de moi durant mon enfance et que pour qui j’avais de l’affection, a finalement trouvé la mort, sans ressources et ayant perdu sa santé mentale alors qu’elle « vivait » dans les rues d’une banlieue de Colombo.

La Grève mondiale des femmes unit ces femmes (et hommes) au-delà des frontières nationales dans une action simultanée pour en finir avec le travail sans salaire, mal payé et excessif, tout en démontrant le besoin urgent pour une société bienveillante qui assure l’autonomie et l’égalité.
Nirmal Fernando, (CURL), Sri Lanka, Grande-Bretagne

PROTESTER DEPUIS LES ANNÉES SOIXANTE
La Grève mondiale des femmes a permis à tous les hommes de réaliser les possibilités d’un mouvement international, sérieux et déterminé. Je suis heureux qu’il y ait une Grève mondiale des femmes en 2001, dans un contexte de croissance des manifestations anti mondialisation, de Seattle à Prague et contre l’inauguration de Bush à Washington. Mes premières protestations remontent aux années 60, et on peut sentir le même climat aujourd’hui. Mais maintenant les hommes sont forcés d’écouter ce que les femmes ont à dire et de comprendre que nous n’avons pas à craindre de l’augmentation de leur pouvoir. Il aura sans doute fallu presque quarante ans, mais nous y sommes presque et, cette fois, en nous unissant aux femmes, nous réussirons.
Giorgio, UK, immigrant, originaire d'Italie

LES FEMMES DOIVENT FAIRE ENTENDRE LEURS VOIX
La pauvreté a un sexe » dit-on. Ici au Québec, comme partout ailleurs dans le monde, on constate que le désengagement de l'État de ses missions sociales et éducatives se répercute d'abord sur la condition sociale des femmes. Qu'on prenne l'exemple de la santé. Quand le gouvernement parle d'« aidant naturel », il dit en d'autres termes que les coupures de services devront être comblées par le travail des femmes à la maison. Elles devront s'occuper d'apporter les soins de santé aux personnes âgées ou malades en perte d'autonomie et ce sans rémunération.

C'est pourquoi tout mouvement social qui s'oppose à ce transfert des responsabilités sociales de l'État vers le bénévolat, dont la Grève mondiale des femmes, est plus que pertinent dans le contexte actuel. Les femmes doivent faire entendre leurs voix pour dire non au processus de désintégration sociale porté par les tenants de la mondialisation du capitalisme sauvage.

J'appuie la deuxième Grève mondiale des femmes. Yvon, Montréal, Québec

Nous vous invitons à nous envoyer vos messages d’appui . . . à suivre

7th Mar 2001

Publié par Payday
un réseau d’hommes faisant campagne avec la Campagne internationale pour un salaire au travail ménager
PO Box 287 Londres NW6 5QU Tel: 020 2209 4751 Fax: 020 7209 4761
E-mail: Payday@paydaynet.org

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