le 28 janvier 2005

Chères sœurs et chers frères,

6ème Grève mondiale des femmes - 8 mars 2005
Pour en finir avec la pauvreté et la guerre - Investissez dans le bien-être pas la mort !
Un salaire permettant de vivre pour tout notre travail
Équité salariale dans le marché mondial

Depuis l’an 2000, à l’occasion de chaque Journée Internationale de la Femme, des femmes dans plus de 60 pays ont organisé toutes sortes d’actions à la base, pour revendiquer que la société investisse dans le bien-être et pas la mort, et que l’argent gaspillé dans la guerre soit plutôt consacré aux besoins de nos communautés. La Grève s’est développée et fortifiée au cours de ces cinq années, en particulier dans des pays du Sud, et des femmes, et de plus en plus d’hommes, organisent maintenant des actions tout au long de l’année. Nous avons observé comment lutter pour la justice avec d’autres au-delà des frontières nationales accroît le pouvoir de toutes et tous.

L’opposition à la guerre et la lutte contre la pauvreté sont inséparables. Le récent et terrible tsunami a tué près de 300 000 personnes, mais chaque jour plusieurs milliers meurent de faim ou à cause de maladies, du réchauffement mondial et de la guerre : des catastrophes créées par des humains et régies par l’argent et le marché. Les gouvernements et leurs multinationales bien-aimées brassent beaucoup d’air lorsqu’ils parlent de mettre un terme à la pauvreté, mais ne mentionnent même pas qu’ils vont nous donner l’argent dont nous avons besoin. Les terreurs indissociables que sont la pauvreté et la guerre sont profitables et il n’est pas dans leur intérêt d’y mettre un terme. Il n’y a que nous, à commencer par les femmes, les soignantes, à livrer bataille tous les jours pour maintenir la vie, qui travaillons le plus et gagnent le moins, qui sommes en mesure d’engendrer cette transformation vitale. La Grève est notre façon de nous mobiliser pour y parvenir.

Nous ne demandons pas la charité, mais revendiquons ce qui nous est dû. Nous exigeons un salaire nous permettant de vivre pour tout le travail que nous effectuons. Et les travailleuses et travailleurs salarié/es ont droit aux mêmes salaires, que nous soyons hommes ou femmes, quel que soit notre pays, quel que soit notre âge, notre race ou notre religion, lorsque nous nous sommes salariés : nous exigeons l’équité salariale dans le marché mondial. Voilà le programme de la Grève pour en finir avec la pauvreté de même qu’avec le sexisme et le racisme.

La Grève recherche toujours à rassembler les femmes (et les hommes) au-delà d’un grand nombre de divisions. La Grève prend comme point de départ celles et ceux qui ne sont pas perçus comme travailleuses ou travailleurs : mères et autres soignantes/aidantes, activistes de la base, agricultrices et agriculteurs de subsistance, immigrant/es ou sur des fermes familiales, les personnes qui survivent de prestations d’invalidité, de chômage, de sécurité sociale, les enfants travailleurs, les immigrant/es avec ou sans papiers, travailleuses et travailleurs serviles, les travailleuses domestiques et de soins à domicile, les travailleuses de l’industrie du sexe, les détenu/es et anciens détenu/es, refuzniks, étudiant/es, survivantes de viols et autres luttant pour obtenir justice, bénévoles dans la communauté et autres, quel que soit notre sexe, nationalité, religion, âge, préférence sexuelle… Nos revendications pour l’équité salariale et pour un salaire tout le travail que nous réalisons renforcent toutes les travailleuses et travail-leurs, salarié/es ou non, en rendant visible notre contribution et notre capacité de nous unir.

Payday, un réseau multiracial d’hommes, coordonne l’appui et la participation des hommes au niveau mondial. Cette organisation a non seulement soutenu les actions de la Grève, mais a aussi fait campagne avec les femmes et les hommes qui refusent l’armée et le travail meurtrier et répressif des États-Unis au Royaume-Uni, d’Israël à l’Érythrée. Le « recrutement des pauvres » (l’enrôlement -- principalement des personnes de couleur et des immigrant/es -- dans l’armée américaine par nécessité économique) a permis aux États-Unis d’amorcer « une guerre sans fin ». Par conséquent, ceux et celles qui refusent de tuer constituent une partie importante du mouvement pour mettre un terme à la guerre, mais aussi à la pauvreté. Payday s’apprête à lancer son film « Refusing to Kill » (Le refus de tuer) qui donne la parole aux femmes et aux hommes qui refusent d’agir comme bourreaux, violeurs et meurtriers pour le compte de l’armée.

La Révolution bolivarienne du Venezuela et la résistance au coup d’état franco-américain en Haïti sont points de référence importants de la Grève. Tous deux sont majoritairement menés par des femmes, bien que cela ne soit pas souvent reconnu. La Grève s’apprête à lancer son troisième film sur le Venezuela*. L’extraordinaire expérience qui s’y déroule démontre bien que ce que les gens de la base veulent et revendiquent partout est réalisable.

Plusieurs d’entre nous ont été choqué/es d’apprendre que Bush et ses sbires génocidaires seront à la tête de la plus grande armée du monde pendant quatre ans de plus. Mais comme l’a dit Joe Hill, un grand combattant de la classe ouvrière, lorsqu’il fut victime d’un coup monté, accusé de meurtre par la police américaine et condamné à la peine de mort : « Ne vous lamentez pas, organisez-vous ! » Pouvoir aux sœurs et aux frères pour arrêter le monde et le changer!

Selma James
Grève mondiale des femmes (Coordination internationale)

*Les deux autres films (« Venezuela – A 21st Century revolution » et « The Bolivarian Revolution : Enter the Oil Workers ! ») sont disponibles en espagnol et sous-titré en anglais, sur VHS et DVD. Contactez la Grève pour plus de renseignements.

Revendications de la Grève

  • Paiement de tout le travail de soins en salaires, pensions, terres et autres ressources. Qui a-t-il de plus important que d’élever des enfants et de s’occuper des autres ? Investissez dans la vie et les soins aux gens, pas dans les budgets militaires et les prisons.
  • Équité salariale pour tous, femmes et hommes, dans le marché mondial.
  • Sécurité alimentaire pour toutes et tous, en commencant par les mères qui allaitent. Congés de maternité et pauses d’allaitement payés et autres prestations sociales. Cessez de nous punir d’etre des femmes.
  • Non paiement de la " dette du tiers monde ". Les femmes ne doivent rien, ce sont à elles que l’on doit.
  • Accès à l’eau potable, aux soins médicaux, au logement, au transport et à l’éducation.
  • Sources d’énergie et technologies non-polluantes qui réduisent notre temps de travail. Nous avons toutes besoin de fours, de réfrigérateurs, de machines à laver, d’ordinateurs et de temps libre !
  • Asile et protection contre toute violence et persécution, y compris provenant de membres de la famille et de personnes en position d’autorité.
  • Liberté de circulation. Les capitaux circulent librement. Pourquoi pas les gens?

    Extraits des Appels de la Grève des années précédentes

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