UN APPEL À TOUTES LES FEMMES DE COULEUR
À PARTICIPER À LA 4è
GRÈVE MONDIALE DES FEMMES
LES FEMMES DISENT NON À LA GUERRE - INVESTISSEZ DANS LES SOINS AUX GENS, PAS LEUR MORT
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Le 8 mars - Journée internationale des femmes 

Nous sommes des femmes de couleur qui invitons toutes les autres femmes   de couleur à joindre cette année, la Grève mondiale des femmes le 8 Mars 2003. La participation des femmes de plus de 70 pays est attendue : d’Afrique, d’Asie, des Caraïbes, des lndes, des territoires autochtones, d’Amérique du Sud et du Nord, d’Australie et d’Europe. Toutes ensemble nous crions notre totale opposition à la guerre et au commerce des armes qui détruisent nos peuples et notre planète. Le mot d’ordre de la Grève cette année auquel des millions de femmes et un nombre croissant d’hommes ont répondu, est INVESTISSEZ DANS LES SOINS AUX GENS, PAS LEUR MORT - de l’argent pour promouvoir la vie, pas pour la mort et la destruction. 

Ce sont nous les femmes de couleur de toute la planète, qui payons le plus pour la guerre. Même avant que tombent les bombes, l’armée épuise nos ressources nous forçant à travailler sans fin pour compenser pour ce à quoi nous et nos proches sommes privés à cause des priorités de la guerre. Nous cultivons la plupart de la nourriture dans le monde, et pourtant nous et nos enfants sommes les premiers à mourir de faim y compris dans les « réserves américaines » pour les Autochtones américains. Nous sommes celles qui travaillons le plus pour les salaires les plus bas. Les militaires soutiennent des gouvernements corrompus pour que les multinationales puissent nous exploiter, nous tuant par l’excès de travail, les famines et la pollution. Les femmes et les enfants constituent 80% des victimes de guerre. Et nous avons connu des guerres sans fin, de l’Angola au Congo, de la Palestine à la Corée, fomentées et dirigées à partir des États-Unis et de l’Europe. Un million et demi de nos enfants meurent chaque année à la suite des attaques du marché mondial contre l’allaitement maternel et plus particulièrement par l’industrie du SIDA et l’industrie de la formule lactée. Avec les coupures de la sécurité sociale et d’autres programmes sociaux dans les pays du Nord et du Sud, nous sommes devenues les ajusteuses invisibles « de la restructuration économique » et de la privatisation.

Nos soeurs des villages d’Ouganda, là où 75% du budget annuel est consacré au dépenses militaires, doivent creuser pour trouver  de l’eau qui n’est même pas potable. Comme les femmes partout dans le monde, elles luttent chaque jour pour survivre et pour changer le monde. Elles nous disent :« nous avons endurées toutes sortes de guerres. Des femmes et des enfants innocents et affamés ont été tués . . . Nous travaillons continuellement pour pourvoir au soin de nos familles, enfantant malgré nos estomacs vides. La sécheresse a causé beaucoup de souffrances spécialement chez les femmes qui allaitent, les femmes âgées, handicapées et chez les enfants. Plutôt que l’argent nous soit versé pour nous faciliter la vie, il est incorporé au budget militaire. Notre survie n’est pas une priorité économique donc notre travail de survie passe inaperçu.» Appel à la Grève du Groupe de femmes de Kaabong, 2003.

Les femmes autochtones du Centre culturel Aymara « Pacha Aru », dans les Andes au Pérou disent : « En tant que travailleuses, nous revendiquons une rémunération salariale (pour les mères autochtones des milieux ruraux) à qui une partie du budget militaire doit être alloué.»

Les femmes d’origines africaine et asiatique et les femmes autochtones en Guyane appellent à une Grève du travail ménager de trois heures avec le slogan CHAQUE PARTIE DE CE QU’ILS APPELLENT « DOMMAGES COLLATÉRAUX » EST LA FILLE  OU LE FILS D’UNE MÈRE.

Nous nous inspirons des femmes du Nigéria qui, s’unissant au-delà des affiliations tribales, occupèrent les installations pétrolières de Shell, société qui a exploité, corrompu, pollué, tué et blessé dans sa recherche de profit. Elles ont demandé qu’une partie de ces profits extravagants soit consacrée aux soins : à la nourriture, aux écoles, à la santé.

80% des femmes et des filles réfugiées ont été victimes de viol perpétré le plus souvent par la police, les soldats, les agents d’organismes de charité et autres personnes supposées nous protéger. Pendant que les États-Unis dépensent un milliard de dollars par jour pour les besoins militaires (et ce, avant la guerre en Iraq) et que le Royaume-Uni met de côté 3,5 milliards de livres pour tuer des gens en Iraq, les femmes demandant l’asile contre le viol, la torture ou d’autres dévastations, sont laissées démunies, détenues voir même déportées.

Les conflits et les dictatures soutenus par l’Occident nous forcent à fuir de chez nous, ce qui, en soi, est un insupportable traumatisme. La plupart des gens cherche refuge dans les pays du Tiers-Monde voisins où la population vit déjà à la limite de la  famine……Beaucoup d’entre nous passons notre vie dans des camps suite à la guerre et ce sont les femmes qui portent le fardeau de la pauvreté, des problèmes de santé et de la violence perpétrée par les soldats, les « soldats de la paix » et autres individus payés pour nous « protéger ». Nos communautés sont décimées non seulement par les bombes, mais aussi par la pollution de la terre, de l’air et des eaux. Elles sont aussi décimées par les changements climatiques qui nous privent d’eau, de récoltes et de plantes médicinales, qui créent des inondations qui nous chassent de chez nous et de nos terres ou qui nous tuent d’une autre façon.

Les divisions ont été moussées entre celles d’entre nous qui sommes d’origine africaine, asiatique ou latino, entre celles d’entre nous qui sommes immigrantes et celles d’entre nous déjà installées, entre celles d’entre nous qui pratiquent différentes religions ou celles qui n’en pratiquent pas. Nous sommes invitées à nous joindre aux attaques, initiées par le gouvernement, envers les demandeuses et demandeurs d’asile et autres immigrantes et immigrants, leur affligeant  l’étiquette, de « terroristes » ou de « parasites peu méritants » pour faire d’elles et d’eux des individus sans valeur. Nous refusons d’être utilisées afin d’ajouter de la crédibilité à cette chasse aux sorcières menée contre les demandeuses et demandeurs d’asile et autres immigrants. Nous refusons aussi d’être utilisées  pour légitimer les dictatures supportées par l’Occident,  qui poussent nombre d’entre nous à demander le droit d’asile. Beaucoup d’immigrantes et d’immigrants quittent aussi nos terres natales en tant que réfugié/es économiques. Les ressources du Sud global ont été épuisées pour construire les empires du Nord global.

Les femmes de couleur sont les premières à s’ériger contre Condoleeza Rice et Collin Powell qui donnent un visage multiracial au projet de domination mondial de Bush. Nous n’avons pas mis sur pied des mouvements pour les droits civiques un peu partout pour créer des armées intégrées qui bombardent les gens de couleur dans d’autres pays. Alors que 40% des militaires américains sont des gens de couleur, ces êtres chers dont nous avons pris soin toute notre vie sont maintenant appelés à tuer et a être tués. Les femmes de couleur appartenant à des familles militaires se joignent aux millions d’autres femmes qui refusent la guerre.

Avec chaque coupure financière frappant les mères monoparentales, avec chaque enfant privé d’une éducation non discriminatoire et de qualité, avec chaque personne âgée privée de soins médicaux adéquats, avec chaque femme passant un tiers de sa vie à porter de l’eau, on finance le budget militaire. NOUS REFUSONS QUE L’ARMÉE SOIT LA PRIORITÉ QUI FAIT QUE NOUS DEVONS TOUTES ET TOUS NOUS PRIVER DE TOUT.

La Grève revendique :  Le paiement pour tout le travail de soins, en salaire, pensions, sécurité alimentaire, en terres et autre ressources; La sécurité alimentaire pour les mères allaitant, des congés de maternité payés; Le refus de payer la « dette du Tiers-Monde »; L’accessibilité à l’eau potable, aux soins de santé, au logement,  à l’alphabétisation; Des technologies non polluantes; La protection et le droit d’asile contre toute violence, et la liberté de circulation.

Si nous voulons survivre, nous devons nous unir et surmonter nos divisions de couleurs de  peau, de nations, de tribus, de religions ou de langues. . . et avec les femmes et les communautés de partout. La Grève mondiale des femmes est notre arme contre la guerre et pour la vie. Avec nous, revendiquez que les 900 milliards de dollars annuellement consommés dans les dépenses militaires soit redistribués à toutes les communautés de base.

Femmes mondiales de couleur -  WinWages
(Réseau international des femmes pour un salaire pour le travail de soins)

Crossroads Women’s Centre, 230A Kentish Town Rd, Londres, NW5 2AB, Angleterre
Tél : +44 (0)207 482 2496 Fax : +44 (0)7 209 4761
Email: womenofcolour@allwomencount.net
Pour des adresses du réseau Femmes mondiales de couleur -  WinWages, visitez : http://allwomencount.net
L’appui des hommes ainsi que leur participation sont les bienvenus

Email : payday@paydaynet.org    Web : www.paydaynet.org Tél : +44 (0)207 209 4751 

Samedi 8 Mars 2003 Journée Internationale des femmes
Marche des femmes contre la guerre
Marche jusqu’à Grovesnor Square, prise de parole à l’ambassade américaine à 14 heures
Animations: Songlines, chorale internationale  et autres (métro: Bond Street)
Rassemblement à Parliament Square 11h30 (métro: Westminster)
Tout le monde est bienvenu
 

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